Ukraine : Poutine accepte un "dialogue politique"

par Grégoire Lecalot dimanche 2 mars 2014 08:33, mis à jour le dimanche 2 mars 2014 à 23h00
Manifestation contre l'intervention russe dimanche à Warsaw
Przemyk Wierzchowski Reuters

REVIVEZ LA JOURNEE | Intense activité diplomatique autour de la crise en Ukraine et en Crimée. Alors que Kiev a placé son armée en état d'alerte, depuis que le Parlement russe a fait voter l'autorisation d'envoyer des forces, Européens et Américains se mobilisent pour faire baisser la température. Tous les dirigeants ont appelé Vladimir Poutine et menacent la Russie d'isolement. Dimanche soir Angela Merkel annonce que Vladimir Poutine a accepté une "mission de dialogue".

22h31 : Le secrétaire d'Etat américain John Kerry se rendra mardi à Kiev, afin d'afficher le soutien politique et économique de Washington aux nouvelles autorités ukrainiennes, a déclaré dimanche un haut responsable américain.

21h26 : La chancelière allemande Angela Merkel indique que Vladimir Poutine a accepté un "groupe de contact" pour "entamer un dialogue". "Le président Poutine a accepté la proposition de la chancelière d'établir immédiatement une mission d'enquête ainsi qu'un groupe de contact, éventuellement sous la direction de l'OSCE [l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe], pour entamer un dialogue politique", selon un communiqué du gouvernement allemand. Lors de leur entretien téléphonique dimanche soir, la chancelière a "reproché au président russe d'avoir violé le Droit international par l'intervention russe, inacceptable, en Crimée", selon ce communiqué.

L'Allemagne redoute "une nouvelle guerre froide en Europe" : à Berlin, Lise Jolly  
 

20h56 : L'Otan a appelé la Russie et l'Ukraine à rechercher une "solution pacifique" à la crise à travers le "dialogue" et le "déploiement d'observateurs internationaux", a annoncé son secrétaire général. Ce déploiement se ferait "sous les auspices du Conseil de sécurité des Nations unies ou de l'OSCE" (Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe), a-t-il précisé.

20h18 : Vladimir Poutine a évoqué dimanche au téléphone la situation en Ukraine avec la chancelière Angela Merkel et défendu les mesures prises par Moscou, qu'il a jugées totalement appropriées étant donné la "situation extraordinaire" qui prévaut dans l'ex-république soviétique, rapporte le Kremlin. 

19h47 : Le président américain Barack Obama compte s'entretenir ce dimanche avec les alliés des Etats-Unis sur la situation en Ukraine, a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche. 

Crise en Ukraine : les réactions internationales

Crise en Ukraine : les réactions internationales © IDÉ

19h00 : Dans la capitale ukrainienne, Kiev, les pro-européens se sont à nouveau rassemblés ce dimanche. Pendant que les nouvelles autorités de Kiev rappellent les réservistes, au cas où il faudrait défendre le territoire contre une invasion russe. 

Le rappel des réservistes : qu'en pensent les Ukrainiens ? A Kiev, l'envoyé spécial de France Info Rudy Guilmin  
 

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18h17 : Le commandant en chef de la marine ukrainienne, l'amiral Denis Berezovski, annonce qu'il prête allégeance aux autorités pro-russes de Crimée, au cours d'une conférence de presse à l'état-major de la flotte russe à Sébastopol. Il avait été nommé vendredi à la tête de la marine ukrainienne par le président par intérim Olexandre Tourtchinov. Les nouvelles autorités de Kiev ont engagé dimanche des poursuites pour haute trahison à son encontre.

18h : "La plupart des QG et casernes de la péninsule a été attaquée aujourd'hui", décrit l'envoyée spéciale de France Info en Crimée.

Notre envoyée spéciale Alice Serrano l'a constaté : l'objectif des soldats russes est de maîtriser l'armée ukrainienne, le point à Simferopol à 18h  
 

16h12 : Des manifestations semblent se dérouler dans plusieurs villes d'Ukraine, contre la présence russe.

16h00 : De nombreux témoins font état de soldats masqués, des commandos qui ne portent pas d'insigne, alors qui sont-ils ? Sur France Info, Isabelle Facon avance quelques éléments, elle est spécialiste de la Russie et membre de la Fondation pour la recherche stratégique. "Cela relève très certainement d'une stratégie de la confusion et du brouillard. Il y a très certainement de la part des Russes un soucis de dramatiser, ce qui serait en accord avec les tactiques russes traditionnelles", explique-t-elle.

"Cette absence d'identité permet de diluer un peu les responsabilités pour plus tard" - Isabelle Facon spécialiste de la Russie  
 

15h39 : L'Ukraine indique qu'elle demandera de l'aide à d'autres pays si la Russie continue d'accroître ses activités militaires. "Si l'aggravation se poursuit, alors que les troupes russes augmentent leur nombre d'heure en heure, nous allons naturellement demander un soutien militaire et d'autres formes de soutien", a indiqué l'ambassadeur ukrainien des Affaires étrangères à l'Onu.

La carte des derniers événements

La carte des derniers événements © IDÉ

15h30 : France Info a joint Renaud Girard, l'envoyé spécial du Figaro qui se trouve actuellement à Perevalne, où une base militaire ukrainienne est encerclée par l'armée russe. "Nous n'avons jamais vu jusqu'à présent un tel déploiement de l'armée russe : il y a 25 véhicules de transports de troupes, 30 à 40 soldats chacun. Les soldats ukrainiens sont derrière leur grille, le drapeau ukrainien continue de flotter. Ce qui est important c'est que les chargeurs ne sont pas engagés dans les fusils à lunette et les kalachnikov, donc on n'est pas dans une posture où on va se faire la guerre, où le sang va couler". 

Renaud Girard, l'envoyé spécial du Figaro, décrit la base militaire ukrainienne encerclée par l'armée russe  
 

15h14 : Berlin met également Moscou en garde, contre une nouvelle division de l'Europe. "Nous sommes sur la voie très périlleuse qui conduit à une aggravation de la tension. Une inversion est encore possible. Une nouvelle division de l'Europe peut encore être évitée", indique le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

Les précisions à Berlin de Lise Jolly pour France Info  
 

15h00 : Le secrétaire d'Etat américain John Kerry met fermement en garde la Russie sur le risque de perdre sa place au sein du G8 si Moscou poursuit son incursion militaire en Crimée. Le président Vladimir Poutine "pourrait ne pas avoir de (sommet du) G8 à Sotchi, il pourrait même ne pas rester au sein du G8 si cela continue", a prévenu John Kerry sur la télévision américaine NBC.

Russie en Crimée : "Il y a un prix à payer pour ce genre de comportement" prévient John Kerry  
 

14h50 : A Kiev, le Parlement ukrainien est sur le point de voter une augmentation des crédits militaires. Mais les parlementaires et le gouvernement assurent que l'Ukraine ne tirera pas un coup de feu pour ne pas donner un prétexte à la Russie. Ils soulignent aussi qu'il s'agit d'une crise qui viole plusieurs traités internationaux. Tous inisitent sur une implication de la communauté internationale.

Lesya Orobets est une jeune députée du parti de Iualia Timochenko. Elle s'apprête à voter l'augmentation des crédits militaires.   
 

14h22 : Les unités militaires ukrainiennes en Crimée sont bloquées dans leurs bases : un millier de soldats présumés russes, mais qui ne portent pas de signe de reconnaissance, bloquent ainsi la 36e brigade de gardes-côtes à Perevalne, près de Simféropol. "Il y a risque d'assaut", indique le ministère urkrainien de la Défense.


14h00 :
La République Tchèque et la Lituanie rappellent leurs ambassadeurs à Moscou. Londres suspend à son tour sa participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi.

Une réunion de crise a eu lieu ce matin à l'Elysée. Le compte-rendu d'Yves Izard. 
 

13h00 : La Russie "menace la paix et la sécurité en Europe" et "doit cesser ses activités militaires et ses menaces" sur l'Ukraine, prévient le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen.

L'Otan tient une réunion d'urgence ce dimanche à la demande de la Pologne, qui s'estime "menacée" par une intervention militaire russe. Une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne aura lieu lundi.

12h30 : Une "réunion de crise" s'est tenue ce matin entre François Hollande et Laurent Fabius sur l'Ukraine. Le Premier ministre Arseni Iatseniouk a estimé que l'attitude de la Russie constituait une "déclaration de guerre". "Nous sommes au bord du désastre", a-t-il commenté.

Le pape François, de son côté, a exhorté les adversaires à surmonter "l'incompréhension" réciproque.

François Hollande appelle Vladimir Poutine à "éviter tout recours à la force". Les précisions d'Yves Izard.   
 

11h50 : Paris rejoint la position de Washington et souhaite à son tour la suspension de la préparation du G8 de Sotchi, prévu en juin, jusqu'à ce que la Russie respecte à nouveau ses obligations internationales.

La France souhaite la mise en en place rapide d'une médiation pour mettre en place une négociation, soit directement entre Russes et Ukrainiens, soit par l'intermédiaire des Nations Unies ou de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

"La Russie veut destabiliser les nouvelles autorités ukrainiennes", Anne de Tinguy, spécialiste de la Russie et de l'Ukraine. 
 

 

10h50 : L'Ukraine rappelle l'ensemble de ses réservistes.

10h : Les soldats russes mettent la pression sur les
militaires ukrainiens en Crimée. Notre reporter rapporte une tentative
de d'entrée en force dans une caserne de la marine ukrainienne à
Sébastopol. Des soldats russes qui ont aussi tenté de désarmer les garde
côtes ukrainiens à Simféropol.

Notre
envoyée spéciale à Simferopol, Alice Serrano rapporte des tentatives de
coup de force des forces russes pour désarmer les Ukrainiens en
Crimée.   
 

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Selon l'agence privée russe Interfax, qui cite le
ministre ukrainien de la Défense, des militaires russes ont aussi saisi
des armes dans une installation militaire ukrainienne en Crimée. Ils
auraient pris des pistolets, des fusils et des cartouches dans un poste
radar dans la ville de Soudak et dans un centre de formation de marine
ukrainienne à Sébastopol.


9h30 :
Poutine,
l'homme le plus heureux du monde, selon la spécialiste de la Russie
Hélène Blanc. Elle estime que les occidentaux doivent faire preuve de
plus d'inventivité et d'imagination pour faire céder Poutine, qui a de
nombreuses raisons d'intervenir. Il faut sortir de la logique de la "paix froide".

Vladimir Poutine, l'homme le plus heureux du monde, selon la spécialiste de la Russie Hélène Blanc. 
 

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9 h : Ecoutez ici les précisions de notre envoyée
spéciale à Simféropol. Ce matin, Alice Serrano a constaté la disparition
des cordons de soldats qui avaient pris position autour du Parlement.
Difficile d'en tirer des conclusions à l'heure qu'il est. Mais les
soldats "pro-russes" mettent la pression sur les casernes militaires
ukrainiennes.

Les soldats se font plus discrets dans les rues de Simféropol. Le récit sur place d'Alice Serrano. 
 

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8h15 : Selon notre envoyée spéciale à
Simféropol, Alice Serrano, les troupes qui avaient pris position samedi
devant le Parlement de Crimée à Simféropol se sont retirées. Elles sont
désormais invisibles.

Des manifestations pro-russes ont eu lieu
hier dans la capitale de Crimée. Les milices d'autodéfense constituaient
une grande partie des nombreux défilés qui ont émaillé la ville.

Reportage samedi dans les défilés pro-russes qui ont parcouru Simféropol. Sur place, le récit d'Alice Serrano.
 

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Jusqu'où ira Vladimir Poutine : l'analyse de notre ancien correspondant à Moscou, Bruno Cadene, au micro d'Edwige Coupez 
 

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