Syrie : Damas brandit la menace chimique, Washington met le régime en garde

par Gilles Halais lundi 23 juillet 2012 14:50, mis à jour le lundi 23 juillet 2012 à 22h19

Le régime brandit la menace des armes chimiques en cas d'intervention extérieure sur son territoire. Le président américain Barack Obama met en garde Bachar al-Assad contre une "erreur tragique". Par ailleurs, un nouveau train de sanctions imposées à la Syrie par l'UE a été adopté ce lundi à Bruxelles.

"Ces armes sont stockées et sécurisées sous la supervision
directe des forces armées et ne seront utilisées que si la Syrie fait face à
une agression extérieure
" : déclaration d'un porte-parole de la
chancellerie syrienne, sur la télévision d'Etat. "Aucune arme chimique
ou biologique ne sera jamais employée" contre la population syrienne, "quelle
que soit l'évolution de la situation",
ajoute ce haut-dignitaire du
régime.
Cette promesse s'accompagne d'une mise en garde contre le risque que des puissances
étrangères fournissent aux rebelles des bombes bactériologiques qui "pourraient
être utilisées dans des villages pour pouvoir accuser ensuite les forces
syriennes".

L'avertissement de Barack Obama

C'est la première fois que la Syrie
reconnaît être en possession d'armes non conventionnelles. Et la première fois qu'une
utilisation de ces armes chimiques est envisagée à travers des menaces à peine
voilées.
Selon un général syrien qui a déserté, l'armée a déployé ses armes chimiques à
travers tout le pays et elle pourrait les employer contre l'insurrection.

Le président américain, Barack Obama, a lancé un avertissement au régime du président Bachar al-Assad. Il a estimait que les autorités syriennes commettraient "une erreur tragique" et devraient rendre des comptes si elles utilisaient ces armes. "Nous ferons en sorte qu'Assad et son entourage sachent que le monde les regarde", a affirmé Barack Obama.

Sanctions économiques et aide aux
réfugiés

Au 9e jour de la
bataille de Damas, et alors que le régime a lancé sur tous les fronts une
contre-offensive d'une rare violence
, l'Union européenne a adopté un nouveau
train de sanctions économiques contre le pouvoir syrien.
Parmi les personnalités et entreprises visées, la compagnie aérienne nationale
SyrianAir, interdite de vol en Europe. Ses avions pourront encore effectuer des
atterrissages d'urgence sur les aéroports européens, mais plus effectuer de
vols commerciaux.
Il s'agit du 17e train de sanctions européennes en 16 mois de
répression sanglante de la révolution syrienne.

Les Vingt-Sept ont également décidé
de doubler leur aide humanitaire à destination des pays voisins de la Syrie et
qui accueillent des réfugiés syriens, notamment le Liban et la Jordanie. L'ONU
estime à au moins 120.000 — 300.000 selon certaines ONG — le nombre de réfugiés
syriens en Jordanie, au Liban, en Turquie ou en Irak. 

Grégory Philipps a rencontré un combattant de l'armée syrienne libre. Il a 23 ans et est originaire de Homs, la ville martyre