Le Royaume-Uni dans ou hors de l'UE ? Cameron veut un référendum d'ici à 2017

par Cécile Quéguiner mercredi 23 janvier 2013 09:41, mis à jour le mercredi 23 janvier 2013 à 11h00
Neil Hall Reuters

David Cameron, le Premier ministre britannique, a proposé mercredi matin la tenue d'un référendum sur le maintien de Londres dans l'Union européenne, s'il gagne les législatives de 2015. Pour lui, l'UE, telle que, "ne convient pas" à son pays. "On ne peut pas faire l'Europe à la carte", rétorque Laurent Fabius.

"Je ne suis pas un isolationiste", jure-t-il. Pourtant le Premier ministre britannique a finalement cédé aux eurosceptiques de son propre camp. Il a promis mercredi matin un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE entre 2015 et fin 2017. S'il remporte les élections législatives prévues au plus tard en 2015. 

Les Britanniques appelés à s'exprimer sur l'Europe pour la 1ère fois depuis 1975  de Franck Mathevon, à Londres (00:01:02)
 

Un "in-out" référendum

Dans un discours très attendu sur les relations entre Londres et l'Europe, David Cameron affirme qu'il préférerait que le Royaume-Uni reste un membre "engagé et actif" de l'UE, mais prône une nécessaire réforme de celle-ci. "Si nous ne répondons pas aux défis, le danger est que l'Europe échoue et que les Britanniques dérivent vers la sortie", a-t-il déclaré.

"Si nous quittons l'UE, ce sera un aller simple, sans retour"

Pour David Cameron, "l'objectif de l'Union européenne d'une intégration toujours plus poussée ne convient pas au Royaume-Uni". Il compte donc "négocier un nouvel accord" sur les relations de la Grande-Bretagne avec l'UE et offrir ensuite ce "in-out referendum". "Avec un choix très simple, dit-il : rester au sein de l'UE sur cette nouvelle base ou en sortir complètement". Mais prévient-il encore : "Si nous quittons l'Union européenne, ce sera un aller simple, sans retour". 

>>> À lire le discours intégral de David Cameron (en anglais)

Premières réactions 

> En Grande-Bretagne, la presse populaire britannique, majoritairement anti-UE, applaudit. The Sun voit même dans le discours de cameron "Le début de la fin". Le quotidien d'opposition The Guardian en revanche affirme que ce plan "recèle de nombreux pièges", car affirme-t-il les patrons britanniques peuvent "lever le drapeau de la révolte".  

L'UKIP, le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni qui ne cesse de progresser, voit dans les propos de David Cameron une stratégie : "Ce qu'il essaie de faire, c'est de repousser l'échéance et d'essayer de se débarrasser de l'UKIP. [Il laisse] le génie sortir de sa boîte". Pour autant, Nieg Farage, son chef de file, jubile, affirmant que "la mission dee l'UKIP débute aujourd'hui". 

"On ne peut pas faire l'Europe à la carte" (Fabius)

> En France, avant même ce discours prononcé, réponse cinglante de Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères sur France Info : "On ne peut pas faire l'Europe à la carte". Et d'ajouter que "si la Grande-Bretagne décide de quitter l'Europe, nous déroulerons le tapis rouge aux hommes d'affaires britanniques". 

>>> VIDÉO Fabius refuse "l'Europe à la carte" demandée par Cameron

> En Europe, même tonalité. Le président du parlement européen, Martin Schultz, sur Twitter, prévient que "l'Europe à la carte de M. Cameron n'est pas une option". Mais il affirme aussi que l'UE "a besoin d'un Royaume-Uni membre à part entière, qui ne reste pas ancré dans le port de Douvres". 

 

Une "manoeuvre politicienne et dangereuse" selon Dennis McShane  
ancien ministre britannique des Affaires Etrangères