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Pesticides : du poison dans les cheveux de viticulteurs

le Lundi 18 Février 2013 à 22:00 mis à jour le Mardi 19 février à 09:10
Par Anne-Laure Barral

Des molécules cancérigènes, issues des pesticides épandus dans les vignes à Listrac Médoc en Gironde, ont été retrouvées dans les cheveux des salariés de la viticulture et même des riverains. Tous ont participé à une étude inédite publiée ce mardi et menée par l'association Générations futures.

L'étude, menée par l'association Générations futures, a analysé les cheveux d'une vingtaine de personnes : 15 salariés viticoles et cinq riverains de Listrac Médoc en Gironde. Le premier résultat n'est pas vraiment surprenant. Les salariés viticoles présentent 11 fois plus de pesticides que la population témoin. Les riverains des vignes, cinq fois plus.

Mais le résultat le plus inquiétant de cette étude réside plutôt dans la nature des produits utilisés. Près de la moitié des molécules retrouvées sont classées comme cancérigènes possibles, 36% sont suspectés d'être des perturbateurs endocriniens. Du Diuron, un herbicide interdit depuis 2003 en France, a même été retrouvé sur l'un des professionnels.

"Vous pouvez avoir, dans la parcelle d'à côté, quelqu'un qui pulvérise" - Le reportage d'Anne-Laure Barral  

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Les salariés ont souhaité participer

"C'est une étude limitée mais on ne demande qu'à la dupliquer", a expliqué François Veillerette, porte-parole de Générations futures et élu écologiste. L'Inserm travaille également sur une étude sur la santé des salariés de la viticulture, mais dont on attend toujours les résultats. Ce sont des salariés viticoles eux-mêmes qui ont souhaitéparticiper à cette analyse. Leur situation est difficile puisqu'en dénonçant les risques, ils craignent aussi de perdre leur emploi.

"L'économique ne doit pas toujours primer sur la santé", estime Nicole Bonnefoy, sénatrice socialiste et à la tête de la mission d'information parlementaire sur les pesticides. La vigne utilise 20% des pesticides consommés en France. Elle devrait donc avoir un rôle majeur dans l'objectif de réduction des produits phytosanitaires. Un engagement sur lequel la France est mal engagée puisqu'elle a plutôt augmenté sa consommation ces dernières années.

Par Anne-Laure Barral

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Christophe (anonyme),
Encore une étude à retombée sensationnelle et démagogique qui traduit certainement une part de vérité mais à travers un prisme dont l'objectif est de remplir l'audimat. Il est clair que les molécules utilisées pour certaines d'entre elles sont dangereuses et les bonnes pratiques agricoles doivent en limiter les risques. Cela relève de la responsabilité de l'agriculteur quant au choix des produits employés et la mise en place de la sécurité des utilisateurs et le respect de l'environnement de ces parcelles. On pourrait tout aussi bien analyser les cheveux des personnes travaillant aux péages autoroutier, on trouvera du plomb ou bien ceux travaillant dans l'industrie plastique , on trouvera des phtalates... Nous vivons dans un monde différent du 19ème siècle avec ses avantages et les contraintes générées. Quid de l'utilisation des portables en terme d'effet secondaire sur les hommes? Combien sommes-nous à les utiliser (bios compris)? Je suis technicien viticole dans le bordelais et je conseille des bios et conventionnels, je suis asthmatique et je n'ai jamais eu d'allergies dans les vignes, ces dernières années je n'ai jamais vu autant de faune et flore revenir dans les vignes : lièvre, coccinelles, faune auxiliaire en tout genre. Je ne pense pas que le tableau soit aussi dramatique qu'on veuille nous le faire croire. Il faut être vigilant et exclure les produits dangeureux mais je vous rappelle que le White-spirit est Xi donc à ne pas appliquer sur la peau : vous ne l'avez pas employé pour vous nettoyer les mains après une bonne peinture?
Avatar de anonyme
Martin LANE (anonyme),
Pas forcément car la pluie ramène les produits dans le sol et les racines des vignes font parfois plus de 20 m. Je ne veux pas dire qu'il n'y en a pas mais je pense que le plus dangereux est l'inahation de certain de ces produits lorsqu'on est juste à côté et qu'il y a du vent en plus, ce qui est courant aprés une pèriode de pluie. Théoriquement il me semble qu'il est interdit de pulvériser quoi que ce soit quand le vent dépasse 5m/s (18 km/h), mais je ne suis pas sûr que les viticulteurs soient à la veille de posséder des appareils de mesure, car 5m/s ça ne fait pas beaucoup !!!
Avatar de anonyme
bonjour pour ma part je bosse dans un labo d'analyses environementales ou l'on dose les pesticides dans l'eau et toute sorte de molecules chimiques. Je manipule des solutions très concentrées pour doser des microgrammes dans l'eau . Malgré la sécurité qui c'est largement amelioré et qui a été prise en compte par la hiérarchie , je pense être largement plus exposé que les agriculteurs qui eux sont exposés épisodiquement . et on en retrouve sur eux ; je serais curieux de savoir si on en retrouve sur moi mais je ne sais pas ou me renseigner pour cela
Avatar de anonyme
Et lorsqu'on traite le maïs en alsace contre la chrysomèle, qu'en est-il pour les riverains...?????? Les habitations sont bien souvent qu'à quelques mètres des champs. Retrouve t'on aussi ces pesticides dans les cheveux....?????
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