aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

La passion du Grand Nord

le Samedi 11 Février 2012 à 06:51
  • Pas encore de votes

C'est une passion qui le tient depuis l'adolescence, Nicolas Vanier n'a jamais cessé d'arpenter les espaces du Grand Nord, les pays d'en haut, comme il les appelle.

La passion du Grand Nord

Cela a véritablement commencé lors d'une longue expédition entre le Québec et le Labrador. C'est à cette occasion, il y a trente ans, que Nicolas Vanier a été initié à la vie dans le froid, la neige et le blizzard : la marche avec les raquettes, les chiens de traîneaux, les bivouacs sous la tente, la chasse pour se nourrir. Nicolas raconte cette vie de trappeur dans un album coédité par le Chêne et XO, "La passion du Grand Nord".

Les aventuriers : le livre album de Nicolas Vanier "La passion du grand nord" © Radio France

Cette passion l'a amené à aller s'installer pendant un an dans une cabane au Canada avec sa compagne et leur petite fille. Montaine avait alors seulement un an et demi. Pour y arriver, six semaines de cheval, pas de route, pas de chemin, pas de maison à moins de deux cents kilomètres. Une folie pour certains, quelque chose de naturel pour Nicolas Vanier qui n'a jamais vu le Grand Nord comme une région hostile. Le froid s'apprivoise, dit-il, et les dangers sont bien plus grands et plus nombreux dans les villes. C'est tellement vrai, que quelques temps plus tard, Nicolas et Diane ont renouvelé l'expérience avec une famille élargie. Loup n'avait que six mois quand il a traversé le Yukon en traîneau à chiens.

Une autre fois, c'est avec les nomades éleveurs de rennes, les Evènes, en Sibérie, que Nicolas Vanier a partagé le quotidien. Pendant six mois. Ces hommes qui ont choisi de ne pas succomber aux mirages du progrès lui ont appris à vivre en harmonie avec la nature.

Mais ce sont les mêmes qui, aujourd'hui, sont menacés de disparition, notamment à cause du changement climatique…

"Ils se retrouvent face à une situation où ils vont peut-être devenir des réfugiés climatiques parce que le lichen dont se nourrissent les rennes repose sur un espace climatique qui est très restreint. Et ce que l'on mesure depuis une dizaine d'années, un petit peu comme la banquise d'été qui va disparaître totalement, c'est que les hauts alpages de lichen, la toundra en quelque sorte, est en train de se réduire et on imagine malheureusement, qu'à échéance très courte, c'est-à-dire que l'on parle de 10 ans, 15 ans ou 20 ans, il y ait des immenses surfaces de toundra dont celles où vivent les Evènes, qui disparaissent totalement. Ce qui voudra dire, si le lichen disparaît, les rennes disparaissent, si les rennes disparaissent, les nomades-éleveurs de rennes disparaissent ou doivent totalement changer de territoire. Ce qui a à peu près les mêmes conséquences."

Les Indiens disent que l'homme blanc cherche à changer la nature. Aujourd'hui, Nicolas Vanier est engagé dans un combat pour tenter de sauvegarder ce qui l'a fait rêver pendant toutes ces années.