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Paris sous la menace d'une "crue du siècle"

le Mercredi 13 Février 2013 à 16:02 mis à jour le Jeudi 14 février à 18:00
Par Baptiste Schweitzer

Les quais de Seine sont inondés en ce moment © Radio France - Clara Beaudoux

La Seine est haute en ce moment à Paris. Elle culmine à 3,6 mètres de hauteur entraînant – les Parisiens y sont habitués – une fermeture partielle des quais. Désagréable pour les automobilistes. Mais ce n'est rien en comparaison de ce qui attendrait les Parisiens en cas de "crue du siècle" semblable à celle qui a touché Paris en 1910. Une crue centennale qui arrivera un jour, les spécialistes en sont certains. Dès lors, les autorités se préparent à affronter une telle montée des eaux.

Le calcul est simple. Chaque année, il existe une chance sur 100 que Paris soit touchée par une crue centennale. La dernière datant de 1910, les statistiques sont formelles : la probabilité de voir l'eau monter à plus de huit mètres se rapproche.

Ce scénario s'est produit il y a donc 103 ans. Du 20 au 28 janvier, le niveau de la Seine atteint 8,62 mètres à Paris Austerlitz, qui sert de zone de mesure de référence. Une partie de la ville est sous l'eau, des barques circulent dans certaines rues, les caves sont inondées, les égoûts saturés. Il faudra attendre deux mois pour que les Parisiens reprennent une vie normale. 

Grande crue de 1910 : les images d'archive de la Préfecture de police de Paris © Radio France Baptiste Schweitzer

Quarante milliards d'euros de dégâts

Un tel scénario est envisagé par les autorités qui s'y préparent. Le point de départ est simple : les fortes pluies ruissellent sur les sols gelés pendant plusieurs jours. Le débit des affluents de la Seine augmente gonflant celui du fleuve (en 1910 il est ainsi passé de 200 m3 /seconde à 2.000 m3) et en quelques jours l'eau monte et passe les huit mètres, un seuil critique.

Le fil des évènements est ensuite facile à dérouler. Les égoûts sont submergés, les caves inondées, le métro touché, la circulation des trains perturbée, la vie économique paralysée. "Les dégâts sont évalués à environ 40 milliards d'euros", raconte le colonel Frédéric Lelièvre, chargé de la protection des populations à la préfecture de police de Paris. Parmi ses fonctions, étudier les différentes solutions pour protéger les Franciliens des risques de crue. Ils sont 850.000 à habiter en zone inondable.

Vérifiez si vous êtes en zone inondable sur la carte publiée sur le site de la DRIEE >>> http://bit.ly/Wmr4Hv

Une crue centennale prévisible 

Le colonel Frédéric Lelièvre chargé de la protection des populations à la Préfecture de police de Paris © Radio France Baptiste Schweitzer

La "chance" dans cette affaire, c'est qu'en Île-de-France, les crues ne sont pas subites comme cela peut être le cas dans le sud de la France en cas de pluies torrentielles. "On a quatre à cinq jours pour s'y préparer", raconte Frédéric Lelièvre. Le site du ministère de l'Écologie vigicrues publie d'ailleurs des bulletins quotidiens.

En cas d'alerte, tous les secteurs ont des plans préétablis. Dès que l'alerte est donnée, les hôpitaux déprogramment par exemple les opérations non urgentes et ceux éloignés des zones inondables se préparent à recevoir les malades soignés dans ceux proches de la Seine.

La RATP a également son processus bien rôdé. Avec 140 km de voies inondables sur les 250 que compte le réseau, des précautions doivent être prises. "Plutôt que de lister les lignes inondées, il est plus simple de dire celles qui ne le seront pas. Seule la ligne 2 est préservée", sourit Frédéric Lelièvre.

Néanmoins, la RATP a mis plusieurs processus en place pour tenter de limiter les dégâts. Des pompes sont prêtes à être déployées et du matériel – comme des bétonnières – a été stocké en région parisienne. Le coût de ce dispositif est évalué à six millions d'euros. Une goutte d'eau en comparaison du risque financier couru par la RATP en cas de crue. Il est compris entre deux et cinq milliards d'euros.

Voir notre encadré : la RATP affine son dispositif contre les crues >>> http://bit.ly/12kGBgm

"Notre stratégie : protéger les populations et préserver au maximum le tissu économique" (Frédéric Lelièvre)  
 

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Problèmes d'eau, d'électricité, de poubelles

Passer votre souris sur la photo pour accéder au reportage © photo www.seineetpartage.fr

"La vie des Parisiens sera touchée", raconte Frédéric Lelièvre qui liste quelques unes des conséquences. "Les gestionnaires de parkings souterrains ont quatre jours pour retirer les voitures et les stocker au Bois de Boulogne", précise-t-il. Plus grave, plusieurs centaines de milliers de Parisiens risquent d'être privés d'électricité...voire d'eau potable. "Il restera de l'eau dans les réseaux de distribution notamment pour pouvoir éteindre les incendies, mais elle  pourrait nesera plus être potable", explique Frédéric Lelièvre. Il faudra donc acheminer des bouteilles.

Les autorités ont également envisagé la question des ordures ménagères. Pas question de les laisser s'entasser. "De bacs de collecte seront mis en place aux abords des zones inondables. Ensuite ces déchets seront amenés dans des points de stockage comme par exemple à la porte de Versailles. Enfin, des  norias de camions les transporteront de nuit dans les décharges de la région parisienne", détaille Frédéric Lelièvre.

Reste que toutes ces précautions n'empêcheront pas l'eau d'envahir les rues. Et une fois la décrue amorcée, il faudra entre 40 et 50 jours pour enregistrer un début de retour à la normale, sans compter les opérations de nettoyage qui prendront du temps. 

Crues 2013 © Radio France Stéphanie Berlu-Vigné

Par Baptiste Schweitzer
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Pouvez-vous respecter les mathématiques s'il vous plaît ? Il est inexact d'écrire, par recherche du sensationnel qui fait peur : "la probabilité de voir l'eau monter à plus de huit mètres se rapproche". Une probabilité ne se rapproche pas comme le ferait un cyclone !! La possibilité d'une telle crue est la même chaque année (1%), quelle que soit la durée écoulée depuis la dernière : ce n'est pas parce que le dernière crue est lointaine que les "chances" (ou malchances !) d'en subir une nouvelle augmentent. D'ailleurs c'est le contraire : sur le long terme, si on n'a pas de grande crue pendant longtemps, ladite crue devient "infra-centenale".
Avatar de anonyme
goetz (anonyme) @ oz (anonyme),
merci
Avatar de anonyme
Et tous les bateaux, bateaux-logement, pontons etc. qui sont accrochés aux berges, que vont-ils devenir lorsque l'eau va redescendre?
Avatar de anonyme
Vite Riol (anonyme),
Je serais curieux de savoir pourquoi mon commentaire sur les réservoirs en amont n'est pas publié.
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