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Deux fois plus de manchots empereurs que prévu en Antarctique

le Samedi 14 Avril 2012 à 06:00
Par Alexandre Chassignon

La scientifique Stephanie Jenouvrier lors d'un comptage en Terre Adélie / CNRS © CNRS

Pour compter plus précisément ces grands oiseaux qui vivent en Antarctique, des chercheurs ont utilisé des images satellites. Ils ont dénombré deux fois plus de volatiles qu'avec les autres méthodes.

Les manchots empereurs sont 595.000 en Antarctique, et pas 270.000 à 350.000, comme le pensaient jusqu'ici les chercheurs. Jusqu'ici, c'était avant le recensement pratiqué par satellite. Avec leur plumage noir et blanc, les oiseaux de 20 à 40 kg et d'une envergure jusqu'à 1,15 mètre, ils apparaissent distinctement sur des images à haute définition.

Sept des 44 colonies ainsi repérées sur la côte du continent étaient jusqu'ici inconnues. En comptant précisément les manchots de plusieurs colonies, et en extrapolant à la surface totale occupée, les chercheurs ont obtenu une population totale très différente des comptages effectués jusqu'ici sur place.

Une méthode complétaire des comptages physiques

Ce type de comptage est par exemple effectué près de la base Dumont d'Urville. Les animaux sont aussi pucés à cette occasion, ce qui permet d'analyser leur comportement : "Si ils reviennent ou non, si ils se reproduisent ou non", précise Stephanie Jenouvrier, une scientifique qui travaille sur place pour le CNRS et la Woods hole oceanographic institution.

Stéphanie Jenouvrier, chercheuse au CNRS avec Anne-Laure Barral  
 

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Dans la zone habitée par ces oiseaux, la température peut descendre à -50°C. Les chercheurs pourraient maintenant appliquer les mêmes méthodes à "d'autres espèces très peu connues de l'Antarctique", suggère Michelle LaRue, de l'Université du Minnesota, principal co-auteur de l'étude financée par la Fondation nationale américaine des sciences.

Une mauvaise nouvelle derrière la bonne

"Les recherches en cours laissent penser que les colonies de manchots empereurs seront gravement affectées par les changements climatiques", craint Phil Trathan, un biologiste du British Antarctic Survey et un des co-auteurs de la recherche.

L'analyse du comportement des animaux pucés dira aux scientifiques à quel point la fonte des glaces change la vie des manchots. Pour évaluer l'impact sur la population totale, ils pourront aussi compter sur les satellites.

La colonie de manchots devant la base Dumont d'Urville / CNRS

Par Alexandre Chassignon
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