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Vignes : plus haut ou plus d'eau ?

le Jeudi 19 Septembre 2013 à 05:00
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Dans le Languedoc-Roussillon, première région viticole, on est aussi en première ligne face au réchauffement climatique. Certains vignerons y ont décidé d'aller mettre leur vigne au frais, en altitude. D'autres misent sur l'irrigation.

Pour Philippe Verdier, viticulteur à Capestang près de Béziers, l'irrigation a permis de stabiliser ses rendements © Radio France - Jérôme Jadot

C'est une vigne avec vue imprenable sur le sommet du Pic-Saint-Loup. A Lauret, au nord de Montpellier, André Leenhardt a fait un petit pari il y a 10 ans : planter à 400m d'altitude, 250m au dessus de toutes les terres alentours exploitées pour le vin. Là haut, on est au frais, 5° de moins en moyenne qu'au village. Il a fallu déboiser, fractionner la roche sur plus d'un mètre de profondeur, concasser les cailloux. Travail de forçat aujourd'hui récompensé estime le vigneron.

Dix jours après tout le monde, il y récolte des raisins bien mûrs sans être trop concentrés en sucre. Ce qu'il recherchait alors que le réchauffement du climat a tendance à engendrer des vins très alcoolisés, pour cause de raisins très sucrés. Dans la région, il n'est pas le seul à avoir pris de la hauteur. Des vignes ont notamment été replantées sur le versant sud du Larzac. André Leenhardt est persuadé qu'il existe encore beaucoup de zones élevées exploitables.

Les viticulteurs de la plaine n'ont toutefois pas l'intention de capituler face aux assauts du soleil. Contre la sécheresse, de plus en plus envisagent de recourir à l'irrigation. Depuis deux ans, Philippe Verdier, viticulteur à Capestang près de Béziers, profite ainsi d'un goutte-à-goutte sur la moitié de son exploitation. Cela a permis de "stabiliser" ses rendements, explique celui qui ne veut plus revoir les baies flétries et les feuilles jaunies des années sèches.

Michel Bataille, président de l'Union de coopératives Foncalieu, voit aussi dans l'irrigation un intérêt commercial : être capable de répondre aux goûts d'une clientèle internationale. "Il faut conquérir des marchés qui demandent des profils aromatiques spécifiques", analyse-t-il. "Il faut une maturité qui se produise lentement, et donc une plante bien alimentée en eau." 

23.000 ha de vignes, soit 10% de la surface cultivée, sont déjà irrigués dans le Languedoc-Roussillon. 4.000 ha de plus devraient suivre d'ici à 2015 dans le cadre d'un plan soutenu par le conseil régional. "On va irriguer avec des métaux lourds", grince toutefois André Leenhardt, en référence aux diverses pollutions des eaux du Rhône, principale source d'approvisionnement du projet régional...

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