A l'occasion de la semaine du son : les sons de nos véhicules

Transportez-moi par Gérard Feldzer samedi 24 janvier 2015
écouter l’émission disponible jusqu'au 19/10/2017
La locomotive à vapeur et son sifflet
© CC/Flickr/Pierre Monnier

Les trains qui sifflent, les voitures qui klaxonnent ou qui vrombissent, le son est partout dans les moyens de transport. A l’occasion de la semaine du son qui a lieu en ce moment et jusqu’à demain à Paris, et la fin de la semaine prochaine partout en France, nous allons parler du son de nos véhicules.

Quand on pense au son de la voiture, on pense immédiatement à la cacophonie créée par les klaxons. Une cacophonie qui se fait toutefois à l’unisson car ils sont réglementés. Le klaxon, qui est d’ailleurs une marque comme frigidaire ou karcher, et non un terme générique, est obligatoire dans les voitures mais son utilisation doit se faire avec parcimonie… qu’en cas d’absolue nécessité. Ce qui n’est d’ailleurs pas le cas dans tous les pays, en Inde par exemple, il est fortement recommandé voire obligatoire de klaxonner pour se faire repérer.

Une cacophonie normée

Et en France, les sons émis par les véhicules dits d’intérêt public, comme les camions de pompiers ou les ambulances sont normés. Les textes précisent en effet les fréquences, les notes de musique, et les décibels des sirènes qui envahissent notre environnement sonore. Ainsi les ambulances, par exemple, émettent 3 tons : Do-Mi-Do, la police un La et un Ré, le Samu un Fa suivi d’un La et les pompiers un Si et un La bien connus… Une mélodie qui varie en fonction des pays et qui heureusement retentit un peu moins fort la nuit grâce à un système de sourdine.

Pour les trains, on ne parle pas de klaxon ou d'avertisseur sonore mais de sifflet. Du temps de la machine à vapeur, le mécanicien dans sa locomotive actionnait un sifflet et en tirant plus ou moins fort il arrivait à moduler les sons. C’est ainsi que les plus doués arrivaient à faire siffler quelques notes de la Marseillaise, voir de l’internationale. Depuis, la note et la puissance de ces sifflets sont réglementées et on les retrouve encore dans nos TGV, même s’ils ne sont utilisés qu’à faible vitesse pour prévenir de l’arrivée en gare ou en cas de personnes sur les voies.

Et les normes sont les mêmes pour le métro. "Chaque pays a ses propres normes pour son métro. Dans les premiers métros de Paris en 1900, il y avait huit personnes par rame, comme il n’y avait pas encore de sifflet comme aujourd’hui, ces personnes étaient chargées de le faire pour annoncer la fermeture des portières. On pensait déjà qu’il était nécessaire de faire une annonce pour éveiller la vigilance" explique d’ailleurs Clive Lamming, historien du chemin de fer.

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Des voitures trop silencieuses…

Pour le bus et le tramway, vous avez peut-être remarqué que leur son est moins agressif. Ils ont remplacé le sifflet par une cloche afin de ne pas trop encombrer notre espace urbain. Et la tendance est la même pour les voitures. A l’origine très bruyantes, elles le sont de moins en moins et maintenant les voitures électriques sont quasi silencieuses. Un silence qui pose d’ailleurs problème, comme nous l’explique Vincent Roussarie, un psycho acousticien chez PSA, "Le but des véhicules aujourd’hui n’est certainement pas le silence car il est dangereux pour l’extérieur… ce serait comme conduire avec des boules Quies, il manque alors au conducteur un canal sensoriel. L’objectif est donc d’avoir le meilleur son possible pour les voitures : celui qui vous gêne le moins et qui est le plus utile pour éviter les accidents… et si possible qu’il soit identitaire. L’idéal serait qu’on puisse s’écrier ‘Tiens voilà une Peugeot !". Une création de son qui s’appelle du design sonore.

Transportez-moi ! : Silence, on bouge… par LCP

Coup de cœur

Savez-vous qui est la voix la plus entendue de France ? Un indice, elle s’appelle Simone Hérault et résonne dans toutes les gares… Et oui, il s’agit de la fameuse voix de la SNCF ! Simone Hérault, après quelques années à FIP et France Inter est devenue la voix de la SNCF, et ce, depuis 34 ans maintenant. Pour ce faire, elle enregistre des syllabes, des mots, des destinations, des horaires ou encore des numéros de trains qui, après montage, créent les messages sonores qu’on entend dans les gares. On appelle cela la concaténation. Et Simone Hérault est également la voix des aéroports de Bruxelles et du Caire.

Rédaction en collaboration avec Basile Mulciba et Charlotte Peyronnet