Google, nouveau maître du monde

Tout Info, tout éco mercredi 3 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 29/10/2018
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C’est officiel : Google pèse désormais plus lourd qu’Apple sur le marché boursier mondial. Sa maison-mère, Alphabet, est passée devant la marque à la pomme, confirmant la suprématie de l’économie numérique.

Exit les valeurs de la vieille économique. Il y a 4 ans, Apple chassait le groupe pétrolier ExxonMobil de la tête du classement. Depuis, la bataille se jouait entre les deux géants américains du numérique et Google vient donc de prendre l’avantage.
547 milliards de dollars de capitalisation boursière pour Google contre 530 pour Apple… au petit jeu des comparaisons : Google pèse aujourd’hui sur les marchés financiers autant que la richesse produite en une année par la Suède (l’équivalent de son PIB). Pas mal pour une société âgée de 18 ans.
 
Pourquoi cette suprématie de Google aux dépends d’Apple
 
La capitalisation boursière d’une entreprise correspond à la multiplication du nombre d’actions en circulation par leur prix.
Cela peut donc rapidement varier mais cette poussée de Google repose sur plusieurs fondamentaux.
Les marchés saluent la nouvelle stratégie du groupe américain qui a décidé de jouer sur la transparence, avec la création d’une maison mère – Alphabet – qui communique sur tous les chiffres et les activités, y compris celles qui coûtent en recherche : la voiture autonome, les compteurs connectés, les projets dans la santé, etc...
Pendant ce temps, Apple préfère jouer sur le secret. De plus, le groupe dirigé par Tim Cook est confronté à la baisse des ventes d’iPhone. Il lui faut rapidement trouver des relais de croissance.
Et puis Google c’est Big Brother : rien de ce que l’on tapote sur le moteur de recherche ne lui échappe : nos goûts, nos préférences, nos achats… cent milliards de requêtes mensuelles de la part d’un milliard d’utilisateurs.
Tout cela, Google l’enregistre en toute légalité et le monétise, le commercialise.
Le groupe est ainsi devenu la première agence publicitaire mondiale.
 
 
Avec son nouveau leadership boursier, Google ne risque-t-il pas de se sentir encore plus fort en matière de contournement des règles fiscales ?
 
Au contraire, être la première capitalisation boursière mondiale confère une honorabilité à entretenir. D'autant que l’Europe est en train de renforcer sa législation avec l’OCDE et les mailles du filet se resserrent.
En tous les cas, contrairement à la Grande-Bretagne avec laquelle il vient de conclure un accord à 172 millions d’euros pour solde de tout compte fiscal, le patron indien de Google, Sundar Pichai, ne doit pas compter sur la France pour lui accorder les mêmes faveurs.
Hier le ministre des Finances, Michel Sapin, s’est montré d’airain  en déclarant que le fisc français ne négociait pas le montant des impôts.
Au pays de Montesquieu on ne badine pas avec la loi.