Sécurité contre vie privée : rien ne va plus pour la Silicon Valley

Nouveau monde par Jérôme Colombain mercredi 2 mars 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 26/11/2018
Sécurité smartphone

Le ton monte entre les autorités et les géants du web : hier, le vice-président de Facebook en Amérique latine a été arrêté au Brésil. Au centre de la discorde, le défi de la sécurité à l'ère des smartphones.

Pourquoi une telle arrestation ?

Le coupable : WhatsApp, la populaire application de messagerie instantanée, propriété de Facebook. Selon la presse brésilienne, WhatsApp est accusé d’un refus répété de se conformer aux ordonnances judiciaires concernant des enquêtes touchant au crime organisé.
En décembre dernier, un juge avait même bloqué WhatsApp dans le tout le pays pour ce même motif.
Facebook avait finalement eu gain de cause après quelques heures.
Cette fois, la justice frappe la direction. Diego Dzodan, le vice-président de Facebook pour l’Amérique latine, a été arrêté hier à l’aéroport de Sao Paulo. Pour Facebook, c’est une décision totalement disproportionnée.
Ce bras de fer intervient dans un contexte économique tendu : les opérateurs téléphoniques brésiliens dénoncent depuis des mois la concurrence déloyale de l’application qui permet de téléphoner gratuitement via Internet.
Sécurité versus vie privée encore mais aux Etats-Unis cette fois.

Dans son combat face au FBI, Apple a reçu le soutien inattendu d’un juge

Rappel des faits : alors que la Police Fédérale pousse la marque à la pomme à créer un logiciel capable de casser la clé de cryptage de l’iPhone du tueur de San Bernardino, une attaque qui a fait 14 morts début décembre en Californie, Apple, de son côté, condamne totalement la tuerie mais ne veut pas créer un tel programme qui pourrait, selon son patron Tim Cook; compromettre les données personnelles de tous ses clients.
Et bien un juge fédéral de Brooklyn a pris parti pour Apple cette fois dans une affaire drogue où le département de la Justice demandait également le décryptage d’un smartphone en s’appuyant sur un loi spéciale : "Au final la question n'est pas de savoir si le gouvernement devrait pouvoir contraindre Apple de l'aider à débloquer un appareil, c'est plutôt de savoir si une loi spéciale doit résoudre ce cas et les autres à venir. Je conclus que ce n'est pas le cas".
Hier, devant une commission parlementaire, James Comey, le directeur du FBI, a défendu bec et ongles la position de son agence.

Une bataille judiciaire qui a aussi des répercussions en France

Le député socialiste Yann Galut veut contraindre les fabricants de smartphones à fournir à la justice les codes permettant de déverrouiller leurs appareils. Son idée : un amendement ou plutôt une amende d’un million d’euros en cas de refus d’obtempérer.
Le député Les républicains Eric Ciotti va plus loin. Lui aussi veut son amendement et là, la punition serait une interdiction de commercialisation d'un an pour la société condamnée. Cela signifierait par exemple l’interdiction pure et simple en France les iPhone sécurisés.