Recherche sur l'embryon : de l'interdiction à l'autorisation encadrée ?

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Recherche sur l\\\'embryon : de l\\\'interdiction à l\\\'autorisation encadrée ?

La proposition de loi autorisant la recherche sur l'embryon
et les cellules souches, qui a relancé le débat sur la bioéthique, avait déjà
été adoptée début décembre 2012 au Sénat. La dernière révision de la loi
bioéthique datait de 2011 et n'avait en rien changé l'interdiction (avec
dérogation) de la recherche.

Le nouveau texte, adopté en commission à l'Assemblée nationale, propose de passer à une autorisation
encadrée. Il sera débattu jeudi dans l'hémicycle. Ce sont les radicaux de gauche, soutenus par le gouvernement qui en sont à l'origine. Il autorise la
recherche à quatre conditions : le projet doit être "scientifiquement
pertinent", avoir "une finalité médicale", "ne pouvoir être
conduit qu'avec des embryons humains" et enfin "respecter des
garanties éthiques".

Passer à un régime d'autorisation encadrée

"Cette proposition a pour but de passer d'un régime d'interdiction,
avec dérogation, à un régime d'autorisation encadrée
", explique Dominique
Orliac, députée PRG du Lot,  nommée rapporteur
de la proposition de loi tendant à modifier la loi du 7 juillet 2011 relative à
la bioéthique. "La grande majorité de la communauté scientifique souhaite
des changements parce qu'ils sont obligés de travailler dans un climat moral de
condamnation, qui est délétère, de suspicion sur leurs recherches.
"

"Le Comité consultatif national d'éthique a considéré
que le problème éthique qui se posait était la destruction de l'embryon quand pour
des raisons médicales il ne pouvait pas être conservé, mais que la recherche
elle-même, à partir du moment où on autorisait la destruction, ne posait pas de
problème éthique
", explique Jean Claude Ameisen, du Comité consultatif
national d'éthique. "Le Comité a donc recommandé une autorisation
encadrée de la recherche.
"

Les types d'embryons concernés

Tous les embryons ne pourront pas faire l'objet de
recherches. Seuls trois types d'embryons sont concernés par la destruction médicale :

  • Les embryons surnuméraires, qui ont été conservés dans le
    cadre d'un projet parental et dont le couple n'a plus de projet ou s'est
    séparé.
  • Le diagnostic préimplantatoire pour la fécondation in vitro afin
    de détecter une maladie génétique dans la famille.
  • L'embryon se développe dans un tube à essai et l'on détecte
    une maladie.

La question de la recherche doit être posée en aval. "Il n'y
a pas de raisons d'interdire la recherche sur des cellules données par le
couple à partir de cet embryon
", estime Jean Claude Ameisen.

Les recherches effectuées

Actuellement il y a deux types de recherches, une sur la
mort cellulaire après un infarctus, et une sur les ulcères cutanés dus à la drépanocytose.

A partir de 2014, des recherches devraient être menées sur la dégénérescence
maculaire liée à l'âge qui touche environ 10.000 en France aujourd'hui. "Il
y a beaucoup de débouchés et cela sera dans un but thérapeutique qui va
permettre à beaucoup de patients d'aspirer à une guérison de maladies aujourd'hui
incurables,
" déclare Dominique Orliac.