Tombouctou, ville meurtrie

Noeud emission temporaire pour le nid source 652903 par Anne Chépeau samedi 14 juillet 2012
Tombouctou, ville meurtrie
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Tombouctou, surnommée la Perle du désert, se trouve dans le nord du Mali à plusieurs centaines de kilomètres de Bamako, dans une région contrôlée depuis plusieurs mois par les extrémistes islamistes. Cette cité de terre fondée entre le XIe et le XIIe siècle a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 1988 pour ses trois grandes mosquées édifiées au XIVe et XVe siècles et pour seize de ses mausolées. Ces monuments funéraires abritent les tombes des érudits et des saints, qui par l'importance de leurs écrits, ont assuré le rayonnement de la ville aux XVe et XVIe siècles.

Depuis leur entrée dans Tombouctou, les islamistes d'Ansar Dine s'attachent à faire disparaître tous les symboles de l'islam modéré pratiqué dans le nord du Mali, qui autorise notamment le culte des ancêtres.

Après avoir profané au mois de juin deux premiers tombeaux, les extrémistes se sont livrés à un déchainement de violence contre le patrimoine de la ville au lendemain de l'annconce par l'Unesco du classement de Tombouctou sur la liste du patrimoine en péril. A ce jour, neuf mausolées ont été entièrement détruits ainsi que la porte sacrée de la mosquée de Sidi Yahia, édifice religieux dans l'enceinte duquel se trouvaient des mausolées.

La mosquée de Sidi Yahia © L Eloundou

Le patrimoine bâti n'est pas le seul menacé. La richesse de Tombouctou repose également sur les 200 000 manuscrits anciens détenus dans des bibliothèques publiques et privées. Ils traitent de philosophie, de mathématiques, d'astronomie, de musique ou de théologie. Les nouveaux maîtres de Tombouctou ont menacé d'en détruire certains et la fuite de nombreux propriétaires privés de manuscrits fait craindre pour leur conservation, car les déplacer ou les enterrer risque de les fragiliser.

La communauté internationale a protesté contre ce déchainement de violences. Le procureur de la Cour pénale internationale a ainsi estimé que ces destructions pouvaient être assimilées à des crimes de guerre et passibles de poursuites. Mais pour l'instant, rien ne semble pouvoir arrêter cette folie fondamentaliste.

Tombouctou, la ville aux 200 000 manuscrits © Manus Images - Unesco