Les cigarettes de contrebande, l'oubli numérique et la première photo du Net

La revue de presse par Jean-Christophe Martin mercredi 11 juillet 2012
Les cigarettes de contrebande, l'oubli numérique et la première photo du Net
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Le chiffre du jour : dix milliards de cigarettes...

Un chiffre mis en avant par le Figaro : dix milliards de cigarettes de contrebande ont été grillées l'an dernier en France. Ces cigarettes-là sont blondes plutôt que brunes et souvent américaines, elles sont en train d'asphyxier le marché français. C'est le constat d'une étude menée par un cabinet spécialisé. Le Parisien et challenges.fr précisent que cette étude a été commandée par un fabricant de cigarettes, mais qu'elle confirme d'autres enquêtes, notamment celles des Douanes.

On apprend donc qu'une cigarette sur cinq fumée en France est aujourd'hui achetée en dehors du réseau des buralistes, échappant à toutes taxes. Une concurrence illégale qui, selon les cigarettiers, profite surtout au crime organisé.

D'où viennent ces montagnes de cartouches de cigarettes ? D'Asie principalement, elles sont importées ensuite illégalement en Europe d'Espagne, de Belgique et d'Afrique du Nord. Un autre phénomène marquant, c'est l'explosion des marques fantômes venues de nulle part, Jin Ling ou American Legend, des paquets qui se négocient à 3 euros auprès de cohortes de vendeurs à la sauvette et de certaines épiceries des quartiers populaires de Paris, Marseille, Lyon ou Lille.

Mais la source principale serait donc en Asie : on estime que plus de 90 pour cent des imitations proviennent d'Asie, spécialement de Chine. Les cigarettiers affirment qu'elles sont confectionnées dans de véritables usines clandestines où des petites mains travaillent dans des conditions épouvantables. Avant, c'était artisanal, mais aujourd'hui, la qualité des faux emballages est telle qu'il faut un oeil d'expert pour repérer une copie.

Et le trafic est tellement juteux que de plus en plus, les faussaires du tabac installent des usines clandestines en Europe, en Pologne ou en Belgique. A la clé, des bénéfices considérables pour une prise de risques minimum.

Sauf pour le consommateur : on a retrouvé dans les cigarettes frelatées des taux de nicotine parfois deux fois supérieurs au seuil toléré. Sans parler du reste : des cigarettes garnies de morceaux de plastique, de polyester, de déjections d'insectes ou de résidus de sciure.

Un article très commenté par les internautes sur lefigaro.fr. Il y a ceux qui accusent l'industrie du tabac de dénoncer la contrebande, mais d'être en réalité derrière les réseaux qui lui permettent d'écouler plus de marchandise et de faire plus de profits.

Il y a ceux qui ont l'ironie mordante et qui font remarquer que la cigarette de contrebande, c'est sûrement mauvais pour la santé, mais que la cigarette tout court ça n'est pas forcément mieux. Comme ce commentaire désabusé : "tu fumes des vraies cigarettes taxées, tu as un cancer... Tu fumes des fausses cigarettes détaxées, tu as un cancer. Il faut juste savoir si tu veux un cancer avec taxes ou sans taxes."

Après la conférence sociale, il est beaucoup question de la CSG...

Et l'Humanité titre à la Une sur ce "choc qui menace le pouvoir d'achat". L'Humanité qui parle d'un énorme cadeau pour le patronat financé par les ménages. "Gare à l'arnaque", c'est l'avertissement que l'Humanité lance à ses lecteurs...
 
On s'en doutait un peu, écrit Francis Brochet dans le Progrès, et la conférence sociale l'a confirmé : il faudra repasser à la caisse pour la protection sociale. La douloureuse devrait prendre la forme d'une hausse de la CSG, déjà sur le toboggan à mauvaises nouvelles.

Oui mais une hausse de combien ? Selon le Canard Enchaîné, la douloureuse risque d'être vraiment douloureuse, puisque le gouvernement, selon le Canard, travaille sur une hausse de la CSG non pas d'un, mais de deux à quatre points, et le Canard prévoit déjà qu'une telle hausse, si elle est décidée risque de provoquer dès l'automne un sanglant débat politico-fiscal.

On va aux Etats-Unis où la campagne présidentielle est en train de prendre une nouvelle tournure...

Barack Obama faisait jusque là figure de favori face à son rival républicain Mitt Romney, mais le vent est peut-être en train de tourner : selon Maurin Picard dans le Figaro, Barack Obama n'a certes pas encore perdu, mais ce qui est nouveau c'est que cette perspective n'est plus totalement inconcevable.

Un signe qui peut tout changer : Mitt Romney est en train de distancer Obama dans la course aux dollars, le vrai nerf de la guerre électorale américaine. En juin, pour le deuxième mois consécutif, c'est le camp républicain qui a récolté plus de fonds que le camp démocrate. La directrice des opérations de Barack Obama s'est même fendu d'un mail inhabituel pour remobiliser ses troupes : "Si ça continue comme ça, écrit-elle, nous allons perdre."

Deuxième signe de mauvais augure pour Obama, les sondages qui lui ont longtemps donné un net avantage le donnent désormais à égalité dans les intentions de vote avec Romney.

Et c'est là souligne le Figaro que le trésor de guerre républicain peut faire la différence, en finançant les fameuses publicités négatives qui envahissent déjà les écrans et qui visent à démolir l'adversaire... Un petit jeu de matraquage médiatique qui va se concentrer sur les Etats incertains, les "swing states", où va se jouer l'issue d'une campagne de plus en plus incertaine.

Du côté d'Internet, le gendarme de la Toile a du pain sur la planche numérique...

C'est à lire notamment dans les Echos : la CNIL, la Commission nationale de l'informatique et des libertés, n'a jamais eu autant de travail. L'une de ses missions, la protection des données personnelles sur Internet et sur les supports numériques, est en pleine explosion. Le nombre de plaintes de particuliers sur le droit à l'oubli numérique est en hausse de 42 pour cent sur un an. Au total, la CNIL vient de battre des records avec près de 6000 plaintes reçues en 2011. Parmi ces plaintes, il y a une autre catégorie en forte hausse, les plaintes liées aux abus de la vidéosurveillance par les entreprises ou à la géolocalisation des employés.

Quant à l'empreinte des internautes sur la Toile, elle se développe à toute allure, boostée par la multiplication des réseaux sociaux, des moteurs de recherche et des services de géolocalisation, mais aussi avec l'usage généralisé des smartphones, devenus le centre nerveux de la vie numérique. On y stocke ses contacts, ses photos, parfois ses coordonnées bancaires, sans avoir conscience des risques.

Ce que Libération traduit d'un mot : l'hyperflicage. Avec des cas extrêmes comme celui d'une entreprise qui avait placé des caméras dans les vestiaires, ou le cas de ce salarié dont toutes les frappes informatiques étaient surveillées en temps réel, tout ce qu'il faisait sur son ordinateur était enregistré à son insu, même les mails personnels, pratique totalement illégale.

La CNIL au coeur de la bataille pour le droit à l'oubli numérique, c'est à lire dans les Echos, le Figaro et dans Libération.

Et le droit à l'oubli numérique, ça n'est pas pour tout le monde...

Un peu d'archéologie numérique sur le Web : le site Motherboard, relayé par un autre site de high-tech, le très sérieux Gizmodo, affirme avoir retrouvé la trace de la toute première photo jamais mise en ligne sur Internet. Un morceau d'histoire. Et le résultat de cette quête numérique, racontée par le Huffington Post, est plutôt étonnant...

Car cette photo ressemble à un gag, c'est celle de quatre jeunes filles, quatre employées du laboratoire du CERN à Genève, qui ont fondé un groupe de rock sur le mode parodique, les "Horribles Cernettes". Dans leurs chansons, on parle particules élémentaires, antiprotons et Internet. Leur groupe est né dans le laboratoire du CERN en même temps et dans la pièce à côté de ce qui allait devenir Internet puisque c'est là aussi que tout a commencé pour la Toile.

Et dans leur clip improbable, nos rockeuses ne chantent pas n'importe où, mais dans l'accélérateur de particules où s'est jouée pendant des années la traque du boson de Higgs. C'est du rock très très amateur, mais pour le coup le seul rock vraiment atomique, et si cette photo est vraiment la première photo d'Internet, on peut parier que l'oubli numérique ne sera jamais pour elle...

La presse à la Une

La presse à la Une du 11/07/12 avec Historia et le Point  
 

La presse à la Une du 11/07/12 avec Historia et le Point

Le rendez-vous avec
la presse écrite, ce matin avec la rédaction du magazine Historia. Historia qui publie
avec Le Point un "spécial Tintin", le volume 2 des "personnages
de Tintin dans l'histoire"
... Hergé s'est toujours inspiré du monde réel
et de l'histoire en marche pour nourrir les aventures de Tintin qui traverse
tous les moments clés de l'histoire du XXème siècle. Et puis il y a des
personnages qui ont marqué des générations de lecteurs de Tintin, et on découvre
leurs modèles : l'ingénieur Wolff par exemple dans Objectif Lune, car même
lui, le traître, il avait son modèle. Explications avec Pierre Baron, le
directeur de la rédaction d'Historia
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