Le complot Trierweiler

La revue de presse par Jean-Christophe Martin jeudi 21 juin 2012
Le complot Trierweiler
©

 

Avec un duel de dames qui continue dans la presse...

Décidément, c'est un sujet qui fascine la presse... Un genre d'histoire à l'eau de "rose" forcément.

"Trierweiler : comment la contrôler, Royal : comment la recaser", c'est à la Une de l'Express, avec aussi la photo du couple présidentiel et cette question : "Qui est le chef ?" Dans un autre style, c'est la même interrogation pour Charlie Hebdo : "Les pleins pouvoirs pour François Hollande... sauf avec "Bobonne". Le nouvel Observateur raconte de son côté que "l'après-tweet a provoqué un rafraîchissement au sein du couple présidentiel"...

Dans Paris Match aussi, on s'interroge sur "le rôle de Valérie" et sur "la chute de Ségolène". Avec deux portraits dans Paris Match, d'abord un portrait de Ségolène Royal au vitriol : une Ségolène Royal décrite le regard perdu, comme égarée dans les rues de la Rochelle, seule ou presque, décoiffée par le vent, le sac à main grand ouvert à l'image d'une campagne en vrac. Une candidate en campagne qui appuie sur des interphones qui répondent à peine. Une candidate qui reçoit des huées sur son passage "comme des crachats" dit Paris Match. Des discours à bout de souffle devant des salles dépeuplées. Un chemin de croix, une image pathétique.

Toujours dans Paris Match, les premières lignes d'un autre portrait, tout en contraste...

Celui de Valérie Trierweiler : "la beauté, l'amour, le succès, comme un conte de fée moderne, et comme par enchantement, la place de première dame de France", c'est Jean-Marie Rouart qui se demande aussitôt "comment Valérie, habituée au poids des mots et au sens des symboles, a pu se laisser déborder par la passion au point d'envoyer son fameux tweet ravageur."

Etonnante schizophrénie d'ailleurs dans Paris Match, car quelques pages avant, on trouve un article signé justement par la journaliste Valérie Trierweiler, qui a choisi de s'intéresser cette semaine au dernier roman d'Amanda Sthers.

Le titre choisi résonne quand même curieusement dans l'actualité : "Rompre le charme", un roman qui se termine par l'apprentissage du marathon, de la résistance et de la respiration. Et Valérie Trierweiler rappelle au passage le titre d'un autre roman du même auteur : "Ma place sur la photo". C'est comme la place à l'Elysée ou sur Twitter, c'est tout un apprentissage...

Un duel de dames qui se poursuit dans les colonnes du Point...

"La journaliste, Ségolène et François", c'est encore le même trio dans le Point qui est allé relire de vieux articles de Valérie Trierweiler sur le couple Hollande-Royal : parmi les petites phrases citées dans le Point, la compagne d'aujourd'hui de François Hollande écrit - on peut imaginer que c'est en connaissance de cause - que "Ségolène Royal se méfie des femmes qui approchent François Hollande".

Ségolène Royal qui justement fait des confidences toujours dans le Point avec une étonnante théorie du complot. Sa défaite à la Rochelle, mais aussi ses autres défaites, et d'abord celle de la présidentielle de 2007, l'absence de soutien à l'époque de François Hollande et du PS pour l'aider à battre Nicolas Sarkozy, les médias qui se mettent en travers de son chemin, tout ce qu'elle dénonce inlassablement depuis cinq ans, trouve soudain une nouvelle explication. Selon le Point c'est comme si tout s'était éclairé pour Ségolène Royal après le tweet vengeur de Valérie Trierweiler : en gros tout ça, c'est la faute à Valérie.

Voilà ce que dit exactement Ségolène Royal dans le Point en évoquant le début de la liaison Hollande-Trierweiler : "Je me dis qu'en 2007, ça n'a pas dû arranger les choses. Je comprends pourquoi François ne m'a pas aidée." Elle imagine sa rivale contraignant son compagnon de l'époque à s'éloigner d'elle.

Ségolène Royal est encore plus précise, toujours selon le Point : elle affirme qu'en 2007, "Paris Match n'était pas mécontent de la voir affaiblie", alors dit-elle "Paris Match a laissé faire volontairement, a laissé Valérie Trierweiler continuer à suivre le PS malgré la liaison de la journaliste avec François Hollande, a laissé faire "comme tous les autres qui savaient" dit encore Ségolène Royal, "les Sarkozy et les Lagardère", Lagardère propriétaire de Paris Match.

Liaison sur ordonnance ou presque... Ainsi s'explique a posteriori dans cette relecture de l'histoire la défaite de 2007 aux yeux de Ségolène Royal. Tout ça pour un tweet...

Tweet, c'est justement l'un des mots qui a fait son entrée dans l'édition 2012 du Petit Robert...

C'était il y a déjà un an, et d'autres mots arrivent pour l'édition 2013 qui sort aujourd'hui : c'est même la Une du Parisien qui explique comment les linguistes choisissent ces mots qui ont l'honneur d'entrer dans le dictionnaire.D'un côté ne pas céder à la mode, de l'autre ne être largué.

Parmi les entrants de 2013, l'économie est représentée avec "agence de notation" et "dette souveraine", l'écologie avec le "gaz de schiste" et le "parc éolien"...

Au chapitre des anglicismes branchés, une grande victoire pour les accros du texto avec l'arrivée dans le dictionnaire de l'abréviation "LOL", qui signe pas mal de mini-messages, LOL : éclaté de rire...

Et puis que les ados se rassurent, ils vont pouvoir "comater", "pipeauter" ou "psychoter" la conscience tranquille, maintenant c'est dans le dico. Et le dessin de Ranson dans le Parisien et Aujourd'hui en France donne la recette pour trouver des nouveaux mots, "LOL, il suffit de faire un tweet, et si t'as des followers, tu vas giga-upgrader"... Gloups, oui, gloups, il entre aussi dans le dico.

La presse à la Une

 

"L'écologie, l'autre crise qui menace le monde" : c'est le dossier à lire cette semaine dans le nouvel Observateur, en partenariat avec France Info.

Rio vingt ans après, Rio + 20, c'est la grand-messe planétaire qui quasi-officiellement ne va servir à rien. On parle déjà d'une "tragique déception" comme Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies. Au point qu'on se demande si la crise économique n'a pas tué l'écologie. Et pourtant, l'autre crise, la crise écologique, est au moins aussi redoutable. Explications avec Guillaume Malaurie du nouvel Observateur.

 

Le nouvel Observateur