La crise "diplomatwitte" de la "première gaffeuse" de France

La revue de presse par Jean-Christophe Martin mercredi 13 juin 2012
La crise "diplomatwitte" de la "première gaffeuse" de France
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Avec une avalanche de commentaires après le tweet de Valérie Trierweiler...

"Ca ressemble à une scène de Molière à moins qu'il faille chercher du côté de Macbeth", le désormais fameux tweet est commenté jusque dans les colonnes du New York Times qui évoque un petit scandale et une immense stupéfaction.

Petit florilège des titres ce matin dans la presse : "Trierweiler relance la guerre des Roses", c'est la Provence, pour la Voix du Nord et le gratuit 20 minutes, c'est la crise "diplomatwitte". Sud Ouest ironise sur ces "drôles de dames pour un drôle de drame"... tandis que Libération a le titre le plus cruel, Trierweiler ce n'est plus la première dame à la Une de Libération, mais la "première gaffe de France"... Ironie encore à la Une du Canard Enchaîné, "Hollande ne s'attendait pas à une compagne si agitée !".

Plus politique, le Figaro en fait sa Une avec ce titre, "la candidature Royal, affaire politique et privée". Yves Thréard rappelle dans le Figaro que François Hollande s'était engagé à en finir avec un symbole des années Sarkozy, le mélange entre vie privée et vie publique : pour le Figaro qui ne boude pas son plaisir, voilà une promesse qu'un simple tweet vient de faire voler en éclat...

Et Paul Quinio dans Libération est presque sur la même ligne, il reconnaît que cette affaire est déprimante justement parce qu'elle ramène à certains errements du sarkozysme. D'ailleurs pour Libération, avec ce tweet assassin de la première dame, l'Elysée de la présidence "normale" vient d'entrer dans "l'anormal".

Selon le Parisien qui raconte "l'histoire secrète d'un tweet", François Hollande n'avait pas été mis au courant à l'avance par sa compagne, le Parisien qui décrit un Président "très énervé".

C'est qu'il y a un second tour des législatives à gagner dimanche et si au gouvernement on estime selon le Parisien que l'affaire ne déplacera pas beaucoup de voix, en revanche le Figaro cite Xavier Bertrand, l'ancien ministre du Travail qui se réjouit par avance en comparant cet épisode à celui de la TVA sociale qui aurait fait perdre 50 députés à l'UMP entre les deux tours des législatives de 2007.

Un tweet qui a en tout cas enflammé la Toile et déchaîné les réactions ironiques hier dès qu'il a commencé à circuler...

Avec d'abord une pluie de messages sur Twitter repris sur nouvelobs.com et dans le Figaro : pour l'UMP Eric Ciotti par exemple, "le vaudeville entre à l'Elysée, il est temps de renvoyer les socialistes dimanche au théâtre plutôt qu'à l'Assemblée".

L'ex-ministre des Transports Thierry Mariani, très inspiré, écrit une nouvelle fable de la Fontaine, "le changement, c'est quand une mante religieuse devient plus forte que tout un troupeau d'éléphants". 

Et puis ce matin, les éditorialistes rivalisent d'imagination : pour Patrrick Fluckiger dans l'Alsace, "avec Cécilia puis Carla, on a connu l'Elysée bling-bling, avec Valérie voilà l'Elysée bourre-pif, et le divorce de Sarkozy n'était finalement que de la petite bière en regard de la scène de ménage d'hier".

Et puis avec cette affaire, les journaux s'interrogent à nouveau sur le rôle ou le statut de la première dame...

Le plus impitoyable, c'est Philippe Waucampt dans le Républicain Lorrain : "à l'Elysée depuis quatre semaines seulement, la compagne du chef de l'Etat se voit déjà en réincarnation d'une des occupantes historiques du Palais, la Pompadour, qui elle, au moins, avait l'intelligence d'influer dans la discrétion sur les affaires de l'Etat".

Et puisque Valérie Trierweiler elle-même s'est interrogée sur cette expression "première dame" qu'elle trouve dépassée, elle trouvera des suggestions dans la presse : "première gaffeuse" comme le suggère la Une de Libération, dans le Canard Enchaîné "première tweeteuse", dans les Echos, "première dissidente"...  

Conclusion avec Bruno Dive dans Sud Ouest : à l'Elysée, on n'est pas en train de jouer "les parapluies de Cherbourg", mais plutôt "les pépins de la Rochelle"... Il ne le dit pas, mais le scénario pourrait être signé... Valérie "Tweeterweiler".

Egalement dans la presse :  les premières confidences du témoin qui pourrait voler au secours de Jérôme Kerviel...

Il est attendu à la barre au procès Kerviel, et avant ce rendez-vous judiciaire, il s'est confié à Libération. Nicolas Cori précise que Philippe Houbé est un homme qui n'a pas peur et qui risque d'ailleurs de perdre son emploi s'il maintient ses révélations devant la justice.

Ce témoin est un employé d'une société de courtage, filiale de la Société générale. Un spécialiste des chiffres, qui s'est replongé dans les comptes de 2008 pour comprendre ce qui s'est passé. Il affirme dans Libération que la Société générale connaissait dès 2007 l'ampleur des sommes brassées par Kerviel. Il parle d'anomalies dans la gestion de certains comptes.

Il précise que la Société générale n'a rien dit sur certains bénéfices pour "dégrader" le compte de Jérôme Kerviel : en clair dit-il, la banque a regroupé des opérations perdantes pour charger au maximum le bilan du trader. Au final, près de 5 milliards d'euros, c'est le montant de la perte que la Société générale indique avoir subie du fait de la "fraude" dont elle accuse Jérôme Kerviel.

La presse à la Une

 

 

Le rendez-vous avec la presse écrite, ce matin avec un hors-série du Figaro : Figaro Nautisme.

A l'approche de la Solitaire du Figaro qui s'élance samedi, en partenariat avec France Info, Figaro Nautisme raconte les plus belles histoires de mer et de marins. Le Figaro vient aussi de lancer un site internet dédié à la voile, figaronautisme.com. Explications avec Jean-Pierre Saccani, rédacteur en chef de ce hors-série Figaro Nautisme.

La Solitaire du Figaro c'est à partir de samedi, en partenariat avec France Info. Pendant un mois, tous les jours sur France Info jusqu'au 15 juillet le suivi de la course, les résultats et les coulisses.