La déco : moyen de réinsertion !

Noeud emission temporaire pour le nid source 459 par Olivia Ferrandi dimanche 3 juin 2012

De vieux panneaux de signalisation. Apparemment, ils sont
bons pour la déchetterie. Et pourtant ! Quelques jours plus tard, les voilà
transformés en tables basses rigolotes avec ressorts de couleurs !  L'équipe de Valo DDesign est passée par
là : 55 personnes en insertion, qui travaillent sous la direction de
Bernadette Festor et de Maurice Baillot.

Ce pari de la
déco,
ils l'ont fait il y a 3 ans, en 2009. A l'époque, l'entreprise Valo
est spécialisée dans le tri de déchets : papier, carton, plastique. C'est
la crise, et autour d'eux, au nord de la Lorraine (dans le secteur de Florange, Uckange...) les usines
recommencent à fermer.

Il y a des friches industrielles avec beaucoup de fer et de métal. Il y a aussi tous
ces bureaux vides, laissés à l'abandon avec les tables, les chaises, les
classeurs, les armoires à vestiaires... A
première vue, tout cela n'a guère d'intérêt. Mais, en y regardant de plus près,
Maurice Baillot et Bernardette Festor se disent qu'avec un peu d'imagination et
beaucoup de travail, ces objets pourraient se transformer en objet design.

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Valo.

La "Stop", table basse. © Valo.

Reste à savoir quelle
clientèle
serait susceptible d'être intéressée. Ils contactent un consultant
en marketing, et  la réponse tombe :
oui, il y a bien un créneau, celui des férus de design, qui cherchent des pièces uniques, un peu décalées pour
donner du cachet à leur intérieur. Une clientèle provinciale aisée ou
parisienne branchée,  qui n'hésitera pas
à dépenser quelques centaines d'euros parfois,  pour avoir 
l'un de ces objets déco.  

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Invader, petit meuble d'appoint à roulettes. © Valo.

C'est décidé, le projet est lancé ! Un tout jeune designer, Anthony Remy  est associé à l'aventure, il vient de
l'école  ESAA de Troyes (Aube). Les
personnes en réinsertion lui rapportent les morceaux de fer, de grillage, les pièces de moteur ou de bois qu'elles
ont appris à repérer dans les amas de déchets industriels. De vieux bureaux aussi (qui peuvent
provenir des casernes militaires qui ferment), de vieilles armoires, un ancien lampadaire ou un vieux frigo. Anthony Remy les décortique, les  superpose, les assemble, et  les transforme. Maurice Baillot, le directeur
artistique apporte ses conseils.

Et aujourd'hui, ce que vous pouvez voir dans cette expo
vente à l'espace 117 ( rue St Dominique à Paris), c'est toute une collection
d'objets design. La 2e collection, en fait, après le succès de celle de l'an
dernier.

Où mettre ces objets ?

Franchement, les objets sont très réussis. Certains sont
plus classiques, comme ce frigo des années 1950 transformé en bar design. D'autres interpellent clairement le
visiteur, comme une sculpture pourrait
le faire, avec ce mélange de matière et cet assemblage d'objets
hétéroclites : par exemple, cette vieille perceuse à main, associée avec
un spot de théâtre  et qui devient une
petite lampe d'appoint. La manivelle
de la perceuse permet de faire tourner la lumière. 

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Artok lampe. Issue d'une ancienne perceuse et d'un spot de spectacle. © Valo.

Vous pouvez aller admirer ces objets jusqu'au 6 juin, et
si vous craquez pour l'un d'entre eux (1er prix autour de 25€),
dites vous que vous pourrez le placer
très facilement dans un intérieur style  "loft new yorkais" :
les
briques, le béton ciré ou le béton brut, 
se marient très bien avec ce genre d'objets. Les intérieurs design ou
très sobres également, car ils mettent en valeur une  pièce unique, par exemple l'applique réalisée
à partir d'un lampadaire de rue, ou l'armoire vestiaire relookée dans une
entrée. La table/panneau de signalisation devrait plaire aux adolescents. Et  les petits meubles en métal, entièrement rénovés trouveront leur place sans difficulté, dans un bureau ou dans un
couloir.

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Olivia Ferrandi

L'équipe de Bernadette Festor. © Olivia Ferrandi

Quant aux personnes en réinsertion, "cette expérience  leur a
plu énormément, ils ont appris à créer quelque chose qui a de la valeur, confie
Maurice Baillot. Et ils ont pu accéder à
 la culture et à l'art
, de façon
totalement inattendue !"

A noter, que pour cette expo parisienne,  tous ces objets sont placés au milieu du travail d'une artiste  Catherine Zeilder, au milieu des tableaux.

Enfin, un appel : Valo D Design cherche toujours une
salle pour exposer ces travaux à Metz.

Avec la
complicité de Bernadette Festor, Maurice Baillot, Anthony Remy et Guy Armand.

Mixage sonore réalisé par Mario Campolongo.