Les thérapies n'effraient plus autant qu'avant

Modes de vie par Rédaction de France Info lundi 9 septembre 2013

Vingt-huit pourcents des personnes interrogées pour Psychologies
magazine
par la SOFRES  reconnaissent
avoir déjà consulté ou être encore en thérapie. C'est plus d'une personne sur
quatre. Autre point de "dédiabolisation", les consultations psy concernent
aussi bien les personnes vivant en ville qu'en campagne, explique Christilla
Pelle-Douel.

Deux tiers des personnes qui consultent sont des femmes. Elles
sont sans doute plus libres pour aborder les problèmes du mal-être. Pour
elles, mettre des mots sur les émotions, s'exprimer, accepter de parler de soi,
c'est naturel, spontané. Pour les hommes, c'est plus complexe. Le poids de
l'éducation, encore maintenant, mais probablement de moins en moins, les inhibe
dans l'expression intime. Accepter d'analyser sa douleur, de reconnaître ses
émotions, de se laisser-aller, c'est plus compliqué. Il s'y mêle une
représentation de la virilité : un homme n'est pas faible. Or, aller chez
un psy, c'est reconnaître sa faiblesse.

Pourquoi les français consultent-ils ?

Pour des motifs sérieux, et sûrement par complaisance envers
soi-même : 32%  sont aller en consultation
pour une dépression, mais sont cités aussi les problèmes familiaux, le stress,
le décès d'un proche. C'est un grand progrès, même si nous ne consultons pas
assez un spécialiste pour dépression (les généralistes sont encore très
nombreux à délivrer des prescriptions d'antidépresseurs), cette progression
indique que la dépression et les troubles anxieux ne sont plus considérés, ou
en tout cas sont en voie de ne plus être considérés comme un petit malaise
passager.

Un sentiment d'aide

Le majorité des patients ressentent un vrai changement :
86% des personnes en thérapie ou qui en ont terminé disent avoir été aidées par
le travail fait avec le psy. Rappelons d'ailleurs, au passage,
qu'il s'agit bien d'un travail actif, dans lequel le patient avance dans la
résolution des conflits grâce à l'aide d'une écoute extérieure, bienveillante
et suffisamment distanciée et sans aucun lien amical ou familial avec la
personne. Ce n'est pas du tout la même chose 
que de se confier à une personne de sa connaissance (ceux qui croient
encore que parler à un ami peut remplacer cette démarche sont encore 14%).