UE-Turquie : un plan pour arrêter le flux des réfugiés et migrants

Micro européen par Marie-Christine Vallet samedi 12 mars 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 06/12/2018
Réfugiés entre la Turquie et la Grèce le 22 août 2015
Réfugiés entre la Turquie et la Grèce le 22 août 2015 © Maxppp

Après le Sommet du 7 mars, les dirigeants européens retrouveront la semaine prochaine M.Davotuglu, le premier ministre turc, pour conclure un accord UE-Turquie sur les réfugiés. Commentaires de Birgit HOLZER, correspondante d'un groupe de journaux allemands et de Arzu MORIN, de CNN Turquie.

Les termes de cet accord sont simples : la Turquie retient sur son sol les réfugiés et s'engage à ramener chez elle les migrants qui traversent la mer Égée vers la Grèce. Les garde-côtes turcs seront appuyés par les navires de l'OTAN qui patrouilleront à la recherche des passeurs.

Pour chaque migrant ramené, un syrien déjà présent dans un camp de Turquie, sera ensuite réinstallé dans un pays européen, dans le cadre de la demande d'asile et selon le principe du "un pour un".

L'objectif est de supprimer les traversées de la côte turque vers les îles grecques et d'arrêter le flux de réfugiés sur le sol grec

 En contrepartie, la Turquie recevra 6 milliards d'euros jusqu'en 2018. Elle demande la levée des visas pour les turcs qui viennent dans l'UE ; ils seraient soumis au principe du séjour de trois mois. La Turquie veut aussi l'ouverture de 5 nouveaux chapitres, dans les négociations d'adhésion avec l'UE commencées en 2005.

Face à une UE débordée par l'arrivée des réfugiés, la Turquie arrive en position de force dans cette négociation ; l'accord lui permettrait d'accélérer les travaux pour une future adhésion de la Turquie à l'Union européenne. 

Dans plusieurs pays, on entend des protestations contre le manque de démocratie en Turquie et les atteintes à la liberté de la Presse, mais il n'y a pas d'autre solution pour les européens et pour Mme Merkel dont le pays, l'Allemagne, est le plus concerné par la crise. Sans parler de la Grèce où près de 30.000 personnes sont depuis quelques jours bloquées, après la fermeture de la "route des Balkans" et où se profile une crise humanitaire.