Brexit : jeudi prochain, un sommet à haut risque

Micro européen par Marie-Christine Vallet samedi 13 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 08/11/2018
Le premier ministre David Cameron et le président du Conseil Européen à l\\\'entrée du Conseil Européen à Bruxelles
Le premier ministre David Cameron et le président du Conseil Européen à l'entrée du Conseil Européen à Bruxelles © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Au Conseil européen des 18 et 19 février, les partenaires du Royaume-Uni devront trouver un accord sur les réformes qu'ils sont prêts à accepter pour éviter une sortie des britanniques de l'UE. Commentaires de Anne-Sylvaine CHASSANY, responsable du bureau parisien du "Financial Times" et de Piotr MOSZYNSKI de RFI, également correspondant du journal polonais "Gazeta Wyborcza".

 Les propositions ont été remises à David Cameron et depuis plusieurs semaines, les britanniques négocient avec la Commission européenne et Donald Tusk, président du Conseil de l'Union européenne.

Une demande qui contredit le principe de la libre-circulation des travailleurs

La demande qui a du mal à passer est celle du versement des prestations sociales aux travailleurs européens, seulement après 4 ans de présence sur le sol britannique. Outre que cette demande contredirait le principe de libre-circulation des travailleurs, elle inquiète les pays d'Europe centrale et orientale dont les ressortissants occupent des emplois au Royaume-Uni. 
Avec un million de travailleurs sur place, les polonais sont réticents, même s'ils ont obtenu une avancée : cette mesure ne serait appliquée qu'aux nouveaux venus et pas aux émigrés déjà installés. 

Une perception des travailleurs de l'Est déjà utilisée par le parti anti-UE

Si David Cameron réclame cette mesure, c'est parce que les britanniques ont depuis 10 ans le sentiment d'une "invasion par les travailleurs de l'Est". Même si l'économie britannique est en croissance et que le pays connait quasiment le plein emploi. Cette perception des travailleurs de l'Est, le parti anti-UE Ukip l'a beaucoup utilisée dans ses campagnes électorales.
David Cameron a fait d'autres demandes mieux acceptées par ses partenaires, par exemple un "rôle plus important des Parlements nationaux" dans les décisions européennes. Ou ne pas être tenu en-dehors des décisions de la zone euro. Sur ce point, François Hollande a déjà posé une limite et déclaré qu'il n'était pas question que le Royaume-Uni bloque la zone euro par un droit de veto. 
Pour favoriser un accord au Sommet, Donald Tusk passera lundi et mardi à consulter plusieurs chefs d’États ou de gouvernements, dont François Hollande à l’Élysée. De leur côté, les pays de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) prendront une position commune lundi à Prague.