Deux romans jeunesse pour réenchanter le monde

Les enfants des livres par Emmanuel Davidenkoff dimanche 2 novembre 2014
écouter l’émission disponible jusqu'au 28/07/2017
Mauve et Tant que nous sommes vivants
© Gallimard jeunesse et L'Ecole des Loisirs

Aujourd’hui dans "Les enfants des livres", deux romans signés de deux des plumes les plus élégantes de l’édition jeunesse.

Comment vivre ensemble dans un monde fragmenté ? Comment affronter la bêtise ou la méchanceté ? Comment réenchanter la vie ?

Ces questions ne sont pas seulement celles de l’enfance et l’adolescence, mais elles prennent à ces âges-là une acuité parfois insoutenable. Elles sont au cœur de Mauve, de Marie Desplechin, et de Tant que nous sommes vivants, d’Anne-Laure Bondoux.

Mauve d’abord, où l’on retrouve les personnages de deux des précédents romans de Marie Desplechin – Pome et Verte -, les gentilles Pome et Verte qui, subitement, se ferment, se claquemurent, s’irritent d’un rien. Crise d’adolescence ? C’est la première hypothèse. Mais elle est vite balayée : Pome et Verte sont en fait confrontées à une attitude rare dans les romans de Marie Desplechin - la méchanceté – et victimes d’un mal plus répandu au collège que les adultes ne le pensent généralement : le harcèlement. Un roman polyphonique qui met en scène diverses facettes des grands et petits phénomènes d’intolérance et d’exclusion. Mais toujours avec cette merveilleuse patte Desplechin, faite d’humour, d’autodérision ; une distance qui invite à la réflexion. C’est à lire à partir de 9 ans, à l’Ecole des Loisirs.

A partir de 13 ans cette fois, et chez Gallimard Jeunesse, le nouveau roman d’Anne-Laure Bondoux : Tant que nous sommes vivants. Une fresque magistrale ; elle mêle récit initiatique gorgé de références au chamanisme ou aux philosophies orientales et peinture sociale à mi-chemin de Zola et de La Route de Cormack Mc Carthy. Le théâtre et le temps de l’action sont indéfinis – un pays totalement désindustrialisé où ne survit  qu’une usine d’armement. L’étincelle vient d’un regard incandescent qu’échangent Bo et Hama ; elle enflamme cet univers mortifère : et si l’amour pouvait sauver le monde ? C’est la question – et l’espoir – qui traversent ces 300 pages aussi haletantes que bouleversantes.