Sur les traces d'Hannibal

Les aventuriers par Régis Picart samedi 2 juin 2012

Après avoir longé plusieurs
frontières politiques, Paolo Rumiz a voulu franchir une autre frontière, celle
du temps. Il s'est intéressé cette fois à un mythe : Hannibal.

Le général carthaginois qui a
fait trembler Rome deux cents ans avant Jésus-Christ est connu pour avoir
franchi les Alpes avec des éléphants. Venus d'Afrique en passant par l'Espagne
et la France, Hannibal était à la tête d'une armée de quatre vingt dix mille
hommes, douze mille chevaux et quarante éléphants. Les éléphants étaient sans
doute là pour marquer les esprits. Et ça a marché. Deux mille ans plus tard,
Paolo Rumiz l'a constaté en suivant les traces du général carthaginois. C'est
ce qu'il raconte dans un livre paru chez Hoëbeke, L'ombre
d'Hannibal.

C'est un périple très
impressionniste où le voyageur trouve les réponses qu'il cherche dans les yeux
de ces interlocuteurs. Paolo Rumiz rappelle qu'Hannibal est un Africain qui a
battu des Européens. Une image qui suscite des débats dans un monde où certains
craignent une invasion d'un Sud révolté.

Pour son enquête sur les traces
d'Hannibal, Paolo Rumiz a mis au point une technique bien particulière. Il
s'est transformé en conteur. C'est lui qui parle et il évite les questions, si
possible...

"Il est très important de se raconter avant de poser
des questions. Quelques fois, si tu te racontes bien, il n'est pas nécessaire
de poser des questions. Ca a changé aussi ma technique de journaliste. Moi, je
ne pose presque plus de questions. J'écoute, ça suffit. J'écoute ce que, lui,
il veut me dire après avoir su ce que je suis. Il me connaît un peu et il plus
favorable à se raconter, à se dévoiler. Donc, si tu te dévoiles, tu peux
obtenir plus d'information. Tu es comme un sismographe qui peut écouter les
changements à l'avance."

Pour se rapprocher de son
personnage, Paolo Rumiz a divisé le temps non pas en siècles mais en tranches
de soixante ans, l'âge où l'on devient grand-père. Et trente six grands-pères
suffisent pour remonter jusqu'à Hannibal. Ca fait moins vieux que deux mille
ans !