Une femme victime de son conjoint "tous les 5 jours" ou "tous les 2 jours" ?

Le vrai du faux par Antoine Krempf mardi 2 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 28/10/2018
Ségolène Royal et Rachida Dati trop approximatives sur le nombre de femmes victimes de leurs conjoints
Ségolène Royal et Rachida Dati trop approximatives sur le nombre de femmes victimes de leurs conjoints © Maxppp

Ségolène Royal et Rachida Dati ne sont pas d'accord sur le nombre de femmes victimes de la violence de leur compagnon chaque jour en France. Et la vérité est ailleurs.

Quoi qu'il en soit, c'est évidemment toujours trop. Mais que disent les chiffres ? 118 femmes ont succombé aux coups de leurs compagnons en 2014, d'après les derniers chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur. Si l'on doit effectivement faire un ratio, cela représente une victime de la violence conjugale tous les trois jours en France. Soit beaucoup plus que l'estimation de Ségolène Royal et moins que le chiffre avancé par Rachida Dati. 

Ces drames correspondent tous à des situations particulières au sein des couples. Mais à lire les chiffres du ministère de l'Intérieur, on peut malgré tout dégager quelques enseignements. La grande majorité de ces couples étaient mariés, français, âge de 40 à 50 ans.

Par ailleurs, près de la moitié des femmes victimes de leur conjoint portaient déjà des traces de violence avant de succomber. D'ailleurs, plus du tiers des auteurs de ces homicides étaient déjà connus des services de police et de gendarmerie. 

43 femmes victimes en 2014 subissaient déjà des violences
43 femmes victimes en 2014 subissaient déjà des violences © Ministère de l'Intérieur

La plupart du temps la mort arrive au domicile familial lors d'une dispute, d'une séparation ou d'une histoire de jalousie. Et contrairement à certaines idées reçues, l'alcool ou la drogue n'étaient pas impliqués dans plus de la moitié des cas. 

Les principaux mobiles en zone police et zone gendarmerie en 2014
Les principaux mobiles en zone police et zone gendarmerie en 2014 © Ministère de l'Intérieur

 

 
Il n'y a pas énormément de différence selon le milieu, les auteurs et les victimes sont autant à être ouvriers que chefs d'entreprises. Par contre ce qu'on remarque c'est que l'absence de travail joue un rôle. Dans plus de la moitié des cas, les couples sont soit retraités (29% des auteurs, 22% des victimes) soit au chômage (37% des auteurs et des victimes).