Les proches de Nicolas Sarkozy disent-il vrai sur sa mise en examen ?

Le vrai du faux par Antoine Krempf jeudi 18 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 13/11/2018
Eric Ciotti et Brice Hortefeux disent-ils vrai sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy
Eric Ciotti et Brice Hortefeux disent-ils vrai sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy © MAxppp

Depuis l'annonce de la mise en examen de l'ancien chef de l'Etat pour dépassement illégal du plafond des dépenses de campagne, Brice Hortefeux et Eric Ciotti multiplient les interventions médiatiques pour relativiser cette décision. Mais disent-ils vrai ?

Si vous regardez le nombre de meetings de la campagne présidentielle. Je vous le dis là aussi de mémoire, je crois François Hollande en a fait 37 ou 38. Nicolas Sarkozy une dizaine de plus. Donc il n'y a pas eu tout d'un coup de folie (Brice Hortefeux, sur Radio Classique)

L'eurodéputé a plutôt raison sur les chiffres, François Hollande a fait aux alentours de 35 meetings pendant sa campagne de 2012 (en comptant, "réunions publiques", "meetings en plein air" et meetings classiques) contre près de 45 pour Nicolas Sarkozy. 

Sauf que Brice Hortefeux ne peut pas dire qu'une dizaine de meeting d'écart, ce n'est pas beaucoup, vu ce que coûte un meeting de campagne. De fait, d'après les comptes de Nicolas Sarkozy, le candidat UMP a dépensé près de quatre millions d'euros de plus que François Hollande. 

Le député européen dit aussi qu'il n'y pas eu de "coup de folie" sur le nombre de meetings. Sans aller jusque là, il faut quand même contextualiser. Les meetings de Nicolas Sarkozy en 2012 ont coûté 700.000 euros de plus qu'en 2007. L'augmentation est de... deux millions d'euros en cinq ans pour le PS.

Autre chiffre pour se rendre compte de l'importance qu'on pris les meetings en campagne présidentielle. En 2002, ils représentaient 40% des dépenses totales de campagne déclarées par Jacques Chirac contre 60% dix ans plus tard dans les comptes déclarés de Nicolas Sarkozy. 

Il y a déjà eu des comptes de campagne à la présidentielle qui ont été annulés, mais il n'y a jamais eu de poursuites pénales (Eric Ciotti, France Info)

Il y a effectivement deux précédents de comptes de campagne retoqués : Jacques Cheminade en 1995 et Bruno Megret en 2002. Rien à voir donc avec la stature d'un Nicolas Sarkozy et un dépassement des comptes fixé aujourd'hui à un peu plus de 22 millions d'euros.

Jacques Cheminade s'est fait épinglé pour avoir fait passé des dons pour des prêts à taux zéro. Bruno Megret avait envoyé des documents de campagne depuis la mairie de Vitrolles, tenue à l'époque par sa compagne. Les deux ont dû rembourser les sommes à l'Etat, mais il n'y a effectivement pas eu de poursuites.