Jacques Attali dit-il vrai sur l'argent de la formation professionnelle ?

Le vrai du faux mardi 30 avril 2013
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Plutôt vrai

Si l'on se fie à plusieurs rapports et études publiés ces dernières années, on peut dire que c'est plutôt vrai dans la mesure où on ne peut pas parler de gaspillage à 100%, mais d'utilisation déséquilibrée de l'argent.
La manne de la formation professionnelle (32 milliards d'euros par an) représente 1,6% du PIB, ce qui est énorme. L'argent vient de l'Etat, des régions et des entreprises.

Inégalités

D'après un rapport public thématique sorti en janvier 2013, plusieurs choses ne vont pas.
D'abord, les salariés qui bénéficient le plus de la formation professionnelle sont ceux qui sont déjà ... les mieux formés ! Un cadre, ou un ingénieur, a deux fois plus de chances qu'un ouvrier d'avoir une formation au cours d'une année.
Par ailleurs, c'est dans les grandes entreprises qu'on accède le plus à la formation. Dans les entreprises de moins de 20 salariés, 15% des personnes seulement accèdent à une formation. 51% dans les sociétés de 500 salariés et plus.
Quant aux chômeurs, seuls 10 % d'entre eux suivent aujourd'hui une formation.   

Tout pour les chômeurs ?

La solution serait-elle d'affecter les 32 milliards d'euros de la formation uniquement aux chômeurs, comme le suggère Jacques Attali ? Pas forcément. Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail, explique que "la formation professionnelle est en soit un puissant outil de lutte contre le chômage en amont, en anticipation. Une personne qui, dans une évolution très rapide des connaissances, peut grâce à la formation professionnelle renouveler ses compétences ses capacités professionnelles est beaucoup plus à l'abri du chômage que quelqu'un qui pendant 20 ans, 30 ans 40 ans, travaille au même poste sur le même métier et sans renouveler sa connaissance".

Opacité

Reste qu'il y a d'autres problèmes dans la formation professionnelle. Celui du contrôle insuffisant des OPCA, ces organismes qui collectent l'argent. Les frais de fonctionnement y sont souvent élevés. Il peut aussi y avoir des dérives dans les centres de formation avec des stages fantômes.
Quand au patronat et aux syndicats, ils sont effectivement fréquemment accusés de se servir de l'argent de la formation pour se financer, comme le dit Jacques Attali. Les partenaires sociaux ne gèrent toutefois pas l'intégralité des 32 milliards de la formation professionnelle, mais environ huit milliards.