Le boom des monnayeurs dans les commerces de proximité

Le plus France Info jeudi 16 janvier 2014

Un millier
de boulangeries en France l'ont déjà adopté. Vous l'avez peut-être déjà
remarquée en allant acheter votre baguette de pain... C'est une machine
imposante grise et noire qui s'est glissée entre la boulangère et vous. Il
s'agit d'une nouvelle génération de caisse enregistreuse. Un monnayeur,
comme au péage de l'autoroute, qui trie les pièces et les billets, les
avale et rend la monnaie.

Une machine qui dissuade les malfaiteurs

Ces machines
connaissent un véritable essor dans les commerces de proximité, avant tout pour
des questions de sécurité. Ces tiroirs caisses inviolables éloignent les malfaiteurs
et diminuent les risques de braquage. Vincent a 35 ans. Il
est boulanger-pâtissier à Paris. Sa boutique tourne bien avec un
millier de clients par jour. Dans sa vitrine, des pains spéciaux, des
sandwichs et des galettes des rois. Et  sur le comptoir, trône aussi
une drôle de dame de fer : une caisse aux allures de coffre-fort.

Il faut
dire que Vincent a été agressé très violemment y a deux ans. Trois hommes
cagoulés et armés ont fait irruption dans son commerce au petit matin. Ils ont
molesté le boulanger avant de partir avec la recette des jours
précédents qui était à l'abri dans le bureau du patron, à l'étage, au-dessus
du magasin. Ce matin-là, il y avait 10.000 euros en espèces.

 

Une solution anti-braquage dans les boulangeries : le monnayeur automatique gagne du terrain au pays du pain. © Radio France Cécilia Arbonna

Des monnayeurs qui limitent aussi les arrêts de travail...

Après ce
braquage traumatisant Vincent a investi dans une
machine ultra-sécurisée. Un coffre-fort intelligent que l'on
trouve en location-vente : ces mini-forteresses installées sur le comptoir de
la boutique coûtent environ 15 euros par jour, maintenance comprise. En France, trois sociétés se partagent un
marché prometteur car les boulangeries ne sont pas les seules cibles
d'attaques éclairs. Superettes, bureaux de tabac et pharmacies sont visées par
des délinquants, en général des mineurs, qui cherchent de l'argent facile.

En
Ile-de-France, la caisse d'assurance maladie subventionne jusqu'à la fin de
l'année à hauteur de 6.000 euros l'utilisation de ces monnayeurs... Les contrôleurs de la CRAM veulent limiter les
arrêts de travail et les séjours à l'hôpital des patrons et de leurs
employés régulièrement agressés. Les
demandes de subventions auprès de la CRAM ont explosé : En 2012, 20
petits commerces ont été aidés, en
2013, 96 sociétés ont demandé un coup de pouce financier.

... et les vols

Au-delà de
la sécurité et de la santé du personnel, il y a deux autres avantages pour les
patrons : les automates
empêchent les employés de piocher dans la caisse et garantissent une
hygiène supplémentaire dans le magasin. Les
vendeuses ne manipulent plus les pièces de monnaie en même temps que les
croissants ou les gâteaux.

L'arrivée
dans les commerces de proximité de cette machine "froide"
casse un peu l'ambiance chaleureuse au début,  mais les clients
finissent par l'oublier et gardent le contact avec la vendeuse. Alexandra,
une jeune et jolie boulangère du XIIIe arrondissement de Paris assure qu'elle a
conservé sa clientèle masculine qui continue, malgré le monnayeur, de venir
chaque matin lui acheter des viennoiseries et même lui faire la cour en lui
offrant des petits cadeaux. Le mythe de la vendeuse aux petits pains au
chocolat a la vie dure !