Un Brexit coûterait cher aux entreprises britanniques

Le mot de l'éco par Julie Bloch-Lainé samedi 20 février 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 15/11/2018
David Cameron
David Cameron © MaxPPP

"Deal done" : Donald Tusk, le président du Conseil européen, Donald Tusk a officialisé, tard dans la soirée du vendredi 19 février, l’accord péniblement négocié entre les Européens pour permettre à David Cameron de défendre, devant les électeurs britanniques, le maintien de leur pays dans l’Union européenne. Ils ont beaucoup à perdre avec un "Brexit".

 
Pour en mesurer l' impact le cabinet de conseil Euler Hermès  s'est livré à un exercice "d' économie fiction".
Et les chiffres ne plaident pas  vraiment  pour un Brexit.
Car l’appartenance du Royaume Uni  à  l' Union Européenne lui donne accès à un marché de 500 millions de consommateurs.
Les exportations britanniques  seraient donc particulièrement  pénalisées par une sortie de l' UE : un manque à gagner d'au moins  9 milliards de livres sterling ( 11 milliards et demi d'euros ) et encore, si  même en se retirant des institutions européennes, Londres signait  un accord de libre échange avec le continent.

Car sans  accord de ce type,  le scenario est encore plus noir: ce serait une perte de 30 milliards de livre sterling, un trou que la Grande Bretagne mettrait 10 ans à combler.
Les secteurs les plus touchés seraient évidemment ceux qui sont aujourd'hui les plus dépendants du marché européen: les services financiers, l’automobile, le textile,  l' agroalimentaire et la chimie.
Ajouter à cela, un recul des investissements étrangers:  moins 210 milliards de livres  (270 milliards d’ euros)  dans les 4 ans suivant un Brexit  affirme l’étude.   Elle conclut que les entreprises britanniques risquent de payer une note très salée en voyant leurs chiffres d’affaires  divisés par 2.
 

Impact sur les exportations et  les importations

 
Les importations britanniques viennent aujourd'hui pour plus de la moitié ( 55%)  de l' Union Européenne.
Ce qui veut dire qu' en cas de  sortie de l' UE, les couts de ces importations pourraient augmenter, en raison de barrières douanières et d'une possible dépréciation de la livre par rapport à l' euro.
Des importations plus chères  et aussi des répercussions sur l' emploi. Car en cas de Brexit ,  la  fiscalité attractive et le  marché du travail ultra flexible, du Royaume Uni ne  suffiront pas à empêcher des délocalisations d'entreprises vers le continent et notamment vers la France.
D'ailleurs le patron d'HSBC, la grande banque britannique,  a déjà prévenu qu' en cas de sortie de l' Union Européenne, 1 000 emplois seraient transférés de Londres à Paris.
 

Les milieux d'affaires britanniques "eurosceptiques" mais pas "pro Brexit"
 

La principale organisation patronale ainsi que les lobbys financiers et les chambres de commerce ne souhaitent pas une rupture totale avec Bruxelles . Ils ne croient d'ailleurs pas vraiment à ce scénario. 
Cela dit Brexit ou non, le principe même du referendum génère de l’incertitude. Une incertitude qui pèse sur la confiance des acteurs économiques et qui retarde certaines décisions d’investissement. Ce qui devrait couter  0,1 point de PIB au Royaume Uni cette année.