Inquiétudes sur la croissance mondiale pour 2016

Le mot de l'éco par Isabelle Chaillou samedi 9 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 04/10/2018
croissance mondiale
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Instabilité géopolitique, terrorisme, ralentissement de la Chine et des pays émergents : autant de facteurs qui font peser des risques sur la croissance mondiale pour 2016, et qui inquiètent les institutions internationales comme le FMI et la banque mondiale.

Pour le FMI, la croissance mondiale sera "décevante et inégale". La Banque Mondiale, qui a revu ses prévisions à la baisse anticipe elle une croissance internationale à 2, 9 % mais surtout, son rapport sur les perspectives économiques pour 2016 donne le ton :  il s'intitule, "Déceptions,  risques et retombées".
Pas de quoi donc entamer l’année avec optimisme. Et c'est vrai que beaucoup de signaux sont dans le rouge.
Première source d'inquiétude : le ralentissement de la Chine.

La menace d'une crise comme celle de 2008 ?

Après des années de croissance à deux chiffres, l’activité industrielle, cœur de l'économie chinoise accuse le coup. "Le modèle de développement chinois est en phase d'ajustement", explique un grand banquier européen. Un ajustement vers un modèle plus tourné vers les services et le marché intérieur, sauf que la consommation des ménages chinois n’est pas encore suffisante. Le pays se retrouve donc aujourd'hui en surcapacité de production.

Et ces doutes sur la solidité de l’économie chinoise, sur la réalité aussi de son niveau d'endettement, tout cela inquiètent les investisseurs. On l' a encore vu cette semaine, après une nouvelle dévaluation du yuan avec des journées très mouvementées sur les bourses chinoises qui ont entrainé, dans leur sillage, les autres places financières internationales. 
Les marchés sont fébriles, ce qui fait dire à certains experts que l’on  pourrait être a la veille d'une nouvelle crise financière comme en 2008.

Les grands émergents ralentissent

La Banque Mondiale ne peut que le constater dans son rapport "les temps changent". Moteur de la croissance mondiale, au début des années 2000, les pays émergents sont désormais à la traine.

Le Brésil est en récession, l'Afrique du Sud encaisse le coup de la chute des cours des matières premières et la Russie fait les frais de la baisse des prix du pétrole, comme d'ailleurs tous les autres pays producteurs d'hydrocarbures.
Et si les émergents ralentissent, via la courroie de transmission des importations et des exportations, c'est le commerce international qui lui aussi risque de marquer le pas et donc de moins contribuer à la croissance internationale.

Répercussions sur les pays en développement

Moins de croissance, cela n'est pas qu'une affaire de banquiers et d'investisseurs, cela a aussi des répercussions sur les pays en développement, "cela menace de compromettre les progrès accomplis pour sortir les population de la pauvreté", s'inquiète le rapport de la Banque Mondiale.

Les États-Unis et l' Europe devraient tirer leur épingle du jeu mais ils sont évidemment affectés par le ralentissement des pays émergents.
Dans l'Union Européenne, la reprise devrait se confirmer mais en restant relativement faible : + 1,7 % attendue en 2016.
Quant à l'économie américaine, elle devrait continuer à croitre mais sans atteindre les 3%.