Pierre Botton : "Il manque 186 imams en prison"

Le grand témoin par Fabienne Sintes lundi 2 juin 2014
écouter l’émission disponible jusqu'au 18/11/2016
Le lundi 02 juin 2014

Pierre Botton, ancien homme d’affaires, fondateur de l’association Prisons du cœur, a été condamné à de la prison pour abus de biens sociaux dans les années 2000. Il milite aujourd’hui pour l’amélioration des conditions de détention en France.

Pierre Botton a passé deux ans en prison. Il explique que c’est elle qui l’a sauvé de l’appétit du pouvoir, de l’argent. Une fois sorti, il a créé l’association Prisons du cœur, et milite pour l’amélioration des conditions de détention dans les prisons françaises.

 

L’arrestation de Mehdi Nemmouche a remis sur le devant de la scène la radicalisation en prison.

"Il a cherché un encadrement et la République ne lui a pas donné. Sa première condamnation faisait suite à un défaut de permis de conduire. Il ne faut pas incarcérer les gens qui ont des problèmes de permis de conduire, d’addiction à l’alcool, à la drogue… Je ne cesse de mener ce combat-là parce que quand je suis rentré en prison je ne savais pas où trouver un revolver et de la drogue, mais quand je suis sorti je savais où trouver les deux," explique Pierre Botton.

Plus d'imams : un moyen de lutter contre l'islamisme

"Il manque 186 imams en prison. Je me bats pour essayer de faire en sorte que la religion puisse être pratiquée de façon modérée. Si vous n’avez pas d’imam, les gens vont être soumis à des choses plus intégristes. C’est quelque chose à laquelle j’ai assisté. La politique ne comprend pas l’urgence des choses. Le temps de l’annonce est très rapide, mais après on attend."

Prisons du coeur

"Notre association n'est financée que par les grandes entreprises. Les grands patrons ont pris conscience de l'urgence et nous finissons pour la première fois un plateau sportif. C'est très important de combattre l'oisiveté. Puisque nous avons décidé de mettre en prison des détenus condamnés à de petites peines, il faut les encadrer et leur donner du travail."

L'association Prisons du coeur ne s'occupe que "des détenus condamnés à moins de cinq ans, hors crimes sexuels et crimes de sang."

Son expérience

"Je méritais d'aller en prison et cela a sauvé ma vie, mes relations avec mes enfants. Je suis très heureux de ma vie d'aujourd'hui, qui n'a rien à voir avec celle de l'époque où j'étais riche."

"Je trouve très triste que les choses que j'ai pu faire n'aient pas servies de leçons."