La France à l’honneur au CES de Las Végas

Le décryptage éco par Vincent Giret mercredi 6 janvier 2016
Le mercredi 06 janvier 2016

Ce matin à Las Vegas, le plus grand salon du monde dédié à la haute technologie ouvre ses portes. Événement, la France y est particulièrement à l’honneur.

Franchement, on aurait tort de bouder son plaisir, la France et ses start-up sont en passe de faire un tabac à Las Vegas. La France a envoyé sur place la plus nombreuse délégation d’entreprises innovantes, juste derrière les Etats-Unis qui accueillent chaque année l’événement. 190 start-up françaises ont fait le déplacement, c’est mieux, même beaucoup mieux que des pays comme la grande Bretagne, l’Allemagne ou même comme Israël pourtant réputés particulièrement présents dans l’électronique. Cinqgrands groupes français  - comme Engie, Dassault System ou même La Poste ainsi qu’une pléiade d’organismes français et de financeurs sont aussi de la partie. Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a fait le déplacement pour apporter son soutien et jouer les entremetteurs avec les géants américains de l’internet. Ce débarquement en force de la French Tech montre la nouvelle vitalité des jeunes pousses de l’innovation, dans des domaines aussi variés, que les objets connectés, qui commencent à s’installer dans notre vie quotidienne, comme les bracelets intelligents qui surveillent notre santé, les régulateurs de sommeil, les lunettes virtuelles  ou encore les imprimantes 3D.

Qu’est-ce que cette présence spectaculaire à un grand salon américain nous dit, de l’économie française ?

C’est un signe important qui ne trompe pas, et qui montre la France s’est enfin dotée d’un écosystème favorable à l’innovation, et que ce système est enfin performant. Très mal classée il y a encore quelques années, la France a beaucoup bougé : les énergies ont été rassemblées, coordonnées, des élus, des maires, des présidents de région ont mis beaucoup d’énergie pour créer des pépinières de start up, pour accueillir et héberger les jeunes entrepreneurs, pour favoriser les liens entre les universités, des grandes écoles, et des entreprises. Tout un système d’aides et de financement, de fonds d’amorçage, publics avec la banque publique d’investissement la BPI qui fait un travail formidable, et des fonds privés. Tout ce système a permis de réaliser que la France avait plusieurs atouts décisifs : des jeunes ingénieurs, très bien formés, avec une culture de l’excellence, notamment en mathématiques, une envie montante chez ces mêmes jeunes pour l’aventure entrepreneuriale… Et ça commence à se savoir, ce n’est pas un hasard si des grands patrons américains, comme le pdg de Cisco ou de Microsoft, sont venus observer le phénomène en France et ont décidé d’investir massivement dans nos incubateurs.

Qu’est-ce que viennent chercher les start-up françaises à Las Vegas ?

Ces start-up viennent se montrer, chercher des contacts et de nouveaux investisseurs, pour grandir, changer d’échelle, passer du projet, du prototype, à la fabrication et à la commercialisation. C’est bien évidemment décisif, et c’est souvent la phase la plus critique. Ces entreprises sont donc venues chercher de la puissance aux Etats-Unis. Ces start-up aimeraient imiter les quelques pionniers français dans le numérique, comme Criteo, l’entreprise de Jean Baptiste Rudelle qui fait du ciblage publicitaire, et valorisé plus de deux milliards de dollars. Criteo est installée en Californie, elle a levé des fonds au Nasdaq, mais ses ingénieurs, ses équipes de Recherche et de développement sont toutes basées en France. C’est exactement le parcours dont rêve ces près de 200 start-up qui ont fait le voyage de Las Vegas.