Le commerce en ligne se développe au détriment du commerce traditionnel

Le décryptage éco par Vincent Giret lundi 22 septembre 2014
écouter l’émission disponible jusqu'au 17/06/2017
Le lundi 22 septembre 2014

Alibaba, Zalendo, C-Discount. On entend parler ces jours-ci de géants du commerce en ligne qui se développent tous azimuts, au point qu’on se demande si les règles du commerce ne sont pas en train de changer radicalement et si les enseignes traditionnelles ne vont pas disparaître ?

D’abord, oui, ce qui se passe ces jours-ci est bien historique, et même un peu fou, selon les mots mêmes d’un banquier. Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne est en train de lever près de 20 milliards d’euros à la bourse de New York, du jamais, qui plus est pour une société, faut-il le rappeler, qui n’est même pas présente aux Etats-Unis.
La plupart des leaders mondiaux de l’e-commerce sont en train de lever des capitaux considérables pour investir et se déployer. Voici le temps venu le temps des cybermarchands. Les Etats-Unis sont pour ces nouvelles entreprises, un eldorado, sans égal. Comparons, un instant : Au même moment, en Europe, plus précisément en Allemagne, une des étoiles montantes de la vente de vêtements en ligne, Zalondo, veut lever un peu plus de 600 millions d’euros à la bourse de Frankfort. 20 milliards d’euros d’un côté pour Alibaba à New York ; 600 millions de l’autre, à Frankfort pour Zalendo. Vous avez avec ces deux chiffres, toute la différence de puissance des marchés entre l’Etats-Unis et l’Europe.

Et la France existe-t-elle sur ce terrain du commerce en ligne ?

Oui, tout à fait. La France est même en Europe, le deuxième marché le plus mûr, derrière le Royaume Uni. Les Français ont adopté l’achat en ligne, ils ont acheté pour plus de 50 milliards d’euros sur des sites internet, des sites qui sont au nombre 120.000 en France.
Leurs favoris, c’est Amazon, la Fnac, Cdiscount, e-bay, PriceMinister ou vente-privée. Cette pratique du commerce s’est diffusée à une vitesse foudroyante et elle continue de progresser aussi vite.

Alors est-ce que cette vague va tout emporter, y compris des enseignes traditionnelles ?

Prenons le cas de la Fnac, très emblématique. Quand Alexandre Bombard en prend les reines, il y a trois ans, les spécialistes du secteur pensent sérieusement que l’enseigne culturelle est moribonde et que les magasins physiques de la FNAC risquent fort de disparaître rapidement. Trois ans plus tard, alors que la Fnac fête ses 60 ans, l’entreprise a subi une très forte mutation, et elle marche sur deux jambes : le numérique, avec un site marchand, qui est dans les cinq premiers en France; et des magasins réinventés, parfois plus petits, pour apporter proximité et qualité de service. Toutes les enquêtes le disent : les Français refusent de choisir entre les magasins et l’internet, ils veulent profiter des deux modèles.

Entre temps, ils ne faut pas si tromper, tout aura changer à la Fnac : le marketing, le management, le service et même aussi la culture d’entreprise. C’est à ce prix seulement, que les enseignes traditionnelles survivront à l’arrivée des géants de la vente en ligne.