L'économie de la Grande-Bretagne tourne à plein régime

Le décryptage éco par Vincent Giret vendredi 5 décembre 2014
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Le vendredi 05 décembre 2014

Il existe un pays qui affiche une santé insolente, et ce pays se trouve en Europe, pas très loin de chez nous, alors qu’on croyait que le continent s’enfonçait dans la crise…

Jouons à la manière de question pour un champion : quel est ce pays qui créé  "1000 emplois par jour", dont la croissance est 7 fois supérieur à celle de la France et dont le taux de chômage est de 6%, soit son plus bas niveau depuis 6 ans ?
Vous n’avez pas trouvé, alors je continue : ce pays n’est pas un petit pays vivant en autarcie, cultivant une rente miraculeuse, mais une grande nation complètement connectée à la mondialisation des échanges et des services. Bon, allez, cessons ce petit jeu et traversons La Manche, il s’agit de notre voisin britannique ! Oui, l’économie de la Grande-Bretagne tourne à plein régime. A quelques mois d’élections aussi décisives qu’incertaines, le conservateur David Cameron brandit son bilan qui fait pâlir d’envie ses partenaires européens : 3% de croissance, c’est le pays qui connaît la croissance la plus rapide de toutes les grandes économies avancées, mieux même que les Etats-Unis. Le chancelier de l’Échiquier vient de dresser à la Chambre des Communes un bilan triomphaliste de son action et de celle de la coalition des conservateurs et des libéraux-démocrates qui gouverne depuis quatre ans.

L’austérité chère à David Cameron, ça marche

On sait que l’austérité, violente, aveugle et menée à contre-temps, qui a frappé les pays du sud de l’Europe fut un désastre social. La Grande-Bretagne est atypique et c’est aussi le pays des anomalies. Oui, il y a eu ici des coupes sévères dans les dépenses publiques – mais jamais dans la santé - des statuts, des positions, ont été bouleversés. Mais la Grande-Bretagne a surtout bénéficié d’une politique très accommodante de la banque d’Angleterre qui a injecté beaucoup d’argent dans l’économie pour adoucir la politique d’austérité. Elle n’a pas eu à souffrir d’un euro trop fort, elle a joué de toutes les marges de manoeuvre. La consommation des ménages a été un moteur puissant qui a profité aux entreprises. Au total la Grande-Bretagne a créé des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur des services, un secteur puissant qui représente les trois quarts de son économie.

Le déficit public britannique reste l’un des plus élevés d’Europe

Le déficit public s’élève à 5,3%, c’est un point noir dans le bilan de David Cameron qui s’était engagé à rétablir au plus vite l’équilibre des comptes. Dans la réalité, on peut se dire que l’austérité a sans doute été plus violente dans les mots que dans la réalité, mais surtout, il y a eu une mauvaise surprise : les rentrées fiscales n’ont pas été à la hauteur des prévisions. Pour plusieurs raisons : les emplois créés sont en majorité des jobs modestes, et donc contribuent peu sur le plan fiscal. Mais comme ce pays est aussi le royaume du pragmatisme, la coalition a décidé d’augmenter certains impôts qui frapperont, surprise, les banques et les multinationales, type Google, qui avaient une nette tendance à dissimuler d’une manière ou d’une autre leurs bénéfices. Voilà au moins un domaine où la Grande-Bretagne veut se rapprocher de l’Europe.