Crise financière : la colère d'un banquier

L'invité de 8h15 vendredi 4 octobre 2013
Crise financière : la colère d'un banquier
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"Cela fait cinq ans que la faillite de Lehman Brothers s'est produite et face à cette crise, on a pris très peu de décisions,
très peu de réformes
" estime Jean-Michel Naulot. Et c'est d'autant plus
grave qu'il juge le coût de cette crise "considérable" : "Quand
j'entends des banquiers dirent qu'aujourd'hui que la crise n'a rien coûté aux
citoyens, que les banques ont remboursé les aides publiques qui leur ont été
apportées, en fait ce n'est pas ça le coût de la crise"
.

Et cet ancien banquier, membre de l'Autorité des marchés financiers, de donner sa vision du coût de cette crise des banques : "Le coût de la crise, c'est une plongée dans la
récession. La croissance de la France est de zéro depuis cinq ans. On a des
taux de chômage qui rappellent ceux des années trente. Et ce qui me parait très important, c'est le bond en avant de la dette publique à chaque crise financière depuis vingt ans. Et je vais vous donner un exemple très précis : la dette publique française est passée de 64% du PIB à 92% aujourd'hui. Et au Royaume-Unis c'est pire."

"Les pouvoirs politiques écoutent de plus en plus les lobbys financiers"

Et face à ce "coût considérable", que font les dirigeants de grands pays du monde? Pas grand chose constate Jean-Michel Naulot. Et ce "bilan extrêmement décevant" qu'il décrit, il l'explique par "le fait que les pouvoirs politiques écoutent de plus en plus les lobbys financiers". Y compris en France.