Retraites : Chatel accuse le gouvernement de vouloir "à nouveau taxer les Français"

L'invité de 8h15 lundi 26 août 2013

L'ancien ministre, député de Haute-Marne, et vice-président de l'UMP Luc Chatel était invité à réagir sur la réforme des retraites, ce matin. Il a déclaré qu'il fallait à tout prix "éviter de taxer à nouveau les Français. Or, c'est ce que nous avons appris de la bouche du Premier ministre hier. C'est la seule chose qu'il ait vraiment dite : le gouvernement va à nouveau taxer les Français". 

Invité du 20h de France 2, dimanche 25 août, le Premier ministre avait déclaré que "rien n'était encore décidé" entre une hausse de la CSG ou des cotisations sociales. Mais Jean-Marc Ayrault avait exclu de repousser l'âge légal de départ à la retraite. 

Pour Luc Chatel, repousser l'âge légal de départ à la retraite constitue la seule solution. "Le gouvernement préfère la facilité des impôts au courage des réformes", explique-t-il. "Nous avons aujourd'hui quinze ans de vie en plus, elles doivent être financées par des années de travail en plus. (...) La meilleure des réponses face à la bonne nouvelle que constitue l'allogement de la durée de vie, c'est de travailler d'avantage, comme le font tous les grands pays développés".

"Intégrer la pénibilité de certains métiers, c'est très complexe"

L'ancien ministre de l'Education a également répondu à la question de la pénibilité. "Intégrer de manière globale la pénibilité de certains métiers, c'est très complexe", a-t-il indiqué. Avant de rappeler qu'il avait fait partie du projet de loi de 2003 (loi Fillon), premier à prendre en compte la pénibilité dans l'âge de départ à la retraite, même si cette prise en compte était réduite. 

"Je rappelle que la réforme portée par François Fillon avait été la première à prendre en compte la pénibilité. Mais c'est très complexe de définir le principe-même de pénibilité. Je suis prêt à y travailler", conclut-il. 

Pour Luc Chatel, il s'agit avant tout d'un "processus de réformes continu. Ce qui a été en fait en 2010, nous n'aurions pu le faire en 2003. (...) Je ne crois pas à la réforme définitive qui permette de régler une fois pour toutes le problème des retraites".

"Si nous voulons préparer l'avenir, si nous voulons redevenir crédibles, la logique, c'est de mieux regarder le passé"

Le vice-président a également été interrogé sur l'inventaire de l'UMP. La réforme des retraites va-t-elle en faire partie ? 

"L'inventaire, ce n'est pas le procès des années Sarkozy" a expliqué Luc Chatel. "Mais si nous voulons redevenir crédibles, la logique c'est de mieux comprendre le passé. Il ne s'agit pas d'être plus sévères que les Français. Pluis de 88% considèrent que ce que nous avons fait sur la burqa, ou sur le service minimum, étaient de grandes avancées."

Regarder en arrière, donc, avant d'en tirer les conclusions : "Le bilan est largement positif. (...) Mais nous devons regarder la réalité en face : l'UMP a tout de même perdu les élections présidentielle et législative. Il faut réflechir à comment nous voyons la société d'aujourd'hui, à ce que nous avons réussi et moins bien réussi."

"L'UMP n'est pas un parti caporaliste (...). Elle a eu une année difficile. Elle est maintenant rassemblée"

Affirmant que la "page la plus difficile de la jeune vie de l'UMP" est refermée, Luc Chatel a indiqué que les élections municipales étaient le prochain objectif. "Nous travaillons ardemment à cela", a-t-il expliqué. 

Le vice-président de l'UMP a également souhaité mettre en avant l'idée que son parti était uni, mais avec des sensibilités différentes. "L'UMP n'est pas un parti caporaliste. Il y a des sensibilités différentes dans le parti. Il ne faut pas le prendre comme une faiblesse, c'est plutôt un atout", a-t-il indiqué. Sa sensibilité ? Celle des humanistes libéraux avec Jean-Pierre Raffarin et Jean Léonetti. 

 

Enfin, le député de Haute-Marne a indiqué "réfléchir aux solutions, que le moment venu, nous proposerons aux Français". Ancien ministre de l'Education, il a expliqué qu'il "faudrait aller plus loin", la solution passant, pour lui, par un renforcement de l'autonomie et du pouvoir des acteurs locaux. L'objectif : faire en sorte que la politique éducative s'adapte en fonction des problématiques locales. 

Il a également commenté le projet de Vincent Peillon d'afficher une charte de laïcité dans toutes les écoles : "c'est une bonne idée", a-t-il simplement dit : "Je pense qu'à chaque fois qu'on peut donner des repères aux enfants, sur ce qu'est la république, sur ce que sont nos valeurs, c'est une bonne chose".