"La grande difficulté aujourd'hui c'est de remettre de la régulation sur les marchés agricoles" - FNSEA

L'invité de 8h15 par Célyne Baÿt-Darcourt mardi 7 août 2012

Publié
Caroline Caldier Radio France

"En France, la situation est correcte, les volumes sur les céréales sont plutôt bons", selon la FNSEA © Radio France Caroline Caldier

 

La sécheresse aux Etats-Unis et en Europe centrale a des répercussions importantes sur les cours des céréales. Les prix ont grimpé depuis la mi-juin. Le blé se vend près de 250 euros la tonne, 20% de plus qu'il y a un mois et demi. "En France, la situation est correcte, les volumes sur les céréales sont plutôt bons", rassure Xavier Beulin. Une situation du coup favorable aux céréaliers de l'hexagone. Cette hausse des cours leur permet de vendre leur récolte à des prix record.

Agriculteurs businessmen : Reportage d'Alice Serrano chez Offre et Demande Agricole (ODA), société de conseils basée à Bourges  
 

Agriculteurs businessmen : Reportage d'Alice Serrano chez Offre et Demande Agricole (ODA), société de conseils basée à Bourges

Mais le bénéfice risque d'être de courte durée, prévient Xavier Beulin qui s'inquiète surtout pour le secteur animalier. "Ce n'est pas bon pour les éleveurs qui vont subir de plein fouet la hausse des matières premières", souligne le président de la FNSEA. La grande difficulté aujourd'hui "c'est
de remettre de la régulation sur les marchés agricoles
", estime-t-il. "Nous souffrons d'une vision trop "courtermiste" des
grands décideurs politiques de ce monde, comme si nous pouvions gérer l'alimentation
et l'agriculture comme l'industrie, c'est à dire sans stock et sans  stratégie sur le moyen-long terme
",
poursuit-il, insistant sur l'urgence de "lutter contre la spéculation"
sur la matière première agricole et de "réinvestir dans une
politique de stockage
".

Faut-il craindre une augmentation des prix du pain,
du lait, de la viande ?

"Il n'y a pas d'automatisme réel", répond
Xavier Beulin, qui  demande " ardemment " que la grande
distribution revoie ses tarifs. Mais si hausse il y a, elle sera de toutes
façons "très modérée",  de l'ordre
de 1 à 15 centimes en fonction du produit.

La PAC sera l'un des gros dossiers de la rentrée, avec
une concertation à partir du 7 septembre avec le gouvernement. Et Xavier Beulin
d'insister à nouveau sur la "nécessité de doter l'Europe d'un certain
nombre de mécanismes de régulation des marchés
".