Plan d'urgence pour l'emploi : le oui sous conditions de Valérie Pécresse

L'interview politique par Jean-François Achilli jeudi 14 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 09/10/2018
Le jeudi 14 janvier 2016

Valérie Pécresse, présidente Les Républicains d'Ile-de-France, était l'invitée de France Info jeudi. Au sujet du plan emploi voulu par François Hollande, elle s'est "dit prête à faire davantage. Mais j'y mets des conditions dont le financement du Pass Navigo". Sur la déchéance de nationalité, elle estime que l'on ne peut pas créer des apatrides et souhaite "une peine d'indignité nationale".

Contrairement à Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui ne veut pas appliquer la plan d'urgence pour l'emploi de François Hollande, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a déclaré sur France Info jeudi matin être "prête à faire davantage en matière d'emploi car la région Ile-de-France est la dernière de la classe sur l'apprentissage et le développement économique."

Mais l'élue Les Républicains "y met des conditions".  Notamment elle revient  sur la question du financement du pass Navigo à tarif unique. "La mesure du pass Navigo a été prise pour des raisons électorales à deux mois des élections. Il manque 300 millions d'euros dans les caisses. Si je n'ai pas ces 300 millions, je vais être obliger de supprimer des crédits." a-t-elle précisé.

Valérie Pécresse  a indiqué qu'elle en avait "parlé à Manuel Valls. Il a reconnu qu'il y avait une ardoise de 300 millions léguée par le pouvoir socialiste en Ile-de-France."

"Un bouclier de sécurité"

Valérie Pécresse a aussi plaidé sur France Info pour que "les régions jouent un rôle plus important en  matière de sécurité". L'élue les Républicains a indiqué qu'elle fera voter par la région Ile-de-France "un bouclier de sécurité." Il donnera aux communes, polices municipales, salles de spectacle, lycées et universités "un droit de tirage pour qu'ils puissent accroître leur sécurité en Ile de France", a-t-elle précisé.

Par ailleurs, outre ces moyens supplémentaires, la présidente de région a proposé à Manuel Valls de "réfléchir à une police régionale des transports en commun".

Au sujet de l'agression du professeur juif à Marseille, Valérie Pécresse a déclaré qu'il n'était pas "acceptable que des Français juifs, dans notre République, soient obligés de se cacher. Nous ne devons pas renoncer à nos libertés. Chaque Français doit pouvoir se déplacer librement et, dans le respect des lois de la République, pouvoir afficher ses convictions religieuses", a-t-elle ajouté.

"Je suis chevènementiste à fond sur les questions de solidarité gouvernementale"

Valérie Pécresse ne voit pas d'autre issue que la démission de Christiane Taubira après ses réserves sur la déchéance de nationalité, a-t-elle déclaré. "Il faut en tirer les conséquences pour rétablir l'autorité de l'Etat", a-t-elle ajouté. "Je suis chevènementiste à fond sur les questions de solidarité gouvernementale", a déclaré Valérie Pécresse. "Quand on est ministre, on est dans une équipe. On ferme sa gueule ou on démissionne."
 
Par ailleurs, Valérie Pécresse refuse l'idée que la France crée des apatrides : "Je propose la déchéance de nationalité pour les binationaux et une peine d'indignité nationale pour ceux qui ont seulement la nationalité française".