Amnistie "des prisonniers politiques corses" : l'affaire Colonna, "évident que c'est un acte politique" (Talamoni)

L'interview politique par Jean-François Achilli lundi 18 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 13/10/2018
Jean-Guy Talamoni, président de l\\\'Assemblée de Corse
Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse © MaxPPP

Quelques heures avant sa rencontre avec Manuel Valls, le président de l'Assemblée de Corse a indiqué sur France Info qu'il allait à nouveau demander au Premier ministre l'amnistie pour les "prisonniers politiques" corses. Interrogé quant à savoir si Yvan Colonna en était un, Jean-Guy Talamoni a répondu qu'il était "tout à fait évident que cette affaire-là [avait] un caractère politique".

Invité ce lundi matin de France Info, Jean-Guy Talamoni, a indiqué qu'il allait à nouveau demander au Premier ministre l'amnistie pour les "prisonniers politiques corses". Le président de l'Assemblée de Corse et le président de l'exécutif corse, Gilles Simeoni, doivent rencontrer Manuel Valls ce lundi à 17h30 à Matignon. Pour lui, les Corses sont "massivement en faveur de l'amnistie" des "prisonniers politiques" de l'île. "A un moment donné, il faudra bien l'entendre", a poursuivi l'élu nationaliste.

Si les élus nationalistes n'étaient pas écoutés par le gouvernement, Jean-Guy Talamoni a indiqué qu'ils seraient "dans l'obligation d'aller à Bruxelles et dans les autres capitales européennes pour dire que la France, qui donne des leçons sur les Droits de l'Homme au monde entier" ne les applique pas pour "ce petit peuple corse qui est placé sous sa tutelle depuis le 18e siècle". Pour Jean-Guy Talamoni, la France ne peut pas être "dans le déni de démocratie". "On ne peut pas faire comme s'il ne s'était rien passé en Corse, alors que les élus nationalistes sont aux responsabilités (...) Il faudra bien l'entendre du côté de Paris".

L'affaire Colonna, "il est évident que c'est un acte politique"

Interrogé quant à savoir si Yvan Colonna était un "prisonnier politique", et donc concerné par cette amnistie, Jean-Guy Talamoni a répondu qu'il était "tout à fait évident que cette affaire-là [avait] un caractère politique". "Indépendamment du point de vue que l'on peut avoir sur cet acte, il est évident que c'est un acte politique", a-t-il insisté. "Le nier serait nier l'évidence (...) et l'ensemble des nationalistes réclament l'amnistie pour l'ensemble des faits politiques", a poursuivi le président de l'Assemblée de Corse. Selon lui, "95% de la société corse réclame l'amnistie" aujourd'hui.

"La France est un pays ami"

"La France est un pays ami. Beaucoup de gens savent que notre démarche n'est pas anti-française, c'est une démarche pour être nous-même, ce que nous n'avons jamais cessé d'être, une Nation", a déclaré le président de l'Assemblée de Corse interrogé sur son discours d'investiture en langue corse et l'usage des langues régionales. "La question est d'instaurer des relations apaisées entre la Corse et Paris," a insisté Jean-Guy Talamoni.