François Bayrou : "Le prolongement de l'état d'urgence est inéluctable"

L'interview politique par Jean-François Achilli vendredi 22 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 17/10/2018
Le vendredi 22 janvier 2016

Le maire de Pau et président du MoDem estime, sur France Info vendredi matin, que "les trois mois supplémentaires [d'état d'urgence] permettront de faire entrer dans la loi régulière un certain nombre de dispositions, de précautions dont on a besoin pour lutter contre le terrorisme". François Bayrou trouve par ailleurs "juste et normal que les aides soient réservées à ceux en situation régulière".

Invité de France Info vendredi matin, François Bayrou, maire de Pau et président du MoDem, estime que "le prolongement de l'état d'urgence est inévitable". "Vous ne désarmez pas un pays lorsque l'on est dans une situation de risque comme celle-ci. Les trois mois supplémentaires permettront de faire entrer dans la loi régulière un certain nombre de dispositions, de précautions dont on a besoin pour lutter contre le terrorisme", ajoute-t-il.

On ne peut pas entrer en France "comme dans une auberge espagnole"

Valérie Pécresse, présidente de la région IDF et alliée au MoDem, a fait voter avec le FN, la suppression des aides au transport pour les étrangers en situation irrégulière, titulaires de l'AME (Aide médicale d'Etat). François Bayrou approuve "le principe qui dit qu'un pays réserve ces aides à ceux qui sont en situation régulière à l'intérieur. Il y a un point sur lequel on doit faire attention, c'est l'aide en matière de santé." 

"Les autres aides, il est juste et normal, de dire qu'elles sont réservées à ceux qui sont à l'intérieur du pays en situation régulière, autrement on entre dans un univers où vous ne contrôlez plus", insiste le maire de Pau. "Surtout, vous faites passer le message qu'au fond dans ce pays-là on peut y entrer comme dans une auberge espagnole, ce que ne doit pas être un pays comme la France."

"Nicolas Sarkozy cherchait assez souvent la division du pays"

Alors que le nouveau livre de Nicolas Sarkozy sort lundi, François Bayrou explique que celui-ci "rejoint tous ceux qui depuis des années avaient indiqué à quel point l'exercice de la fonction était loin de ce que les Français étaient en droit d'attendre." "Il y a une mode d'être très, très sévère à l'égard de Nicolas Sarkozy. Je l'ai affronté quand il était au sommet de son pouvoir sur le fond des choses. Ce que j'ai reproché à Nicolas Sarkozy c'est qu'il cherchait assez souvent la division du pays. Ceci était l'erreur la plus grave de l'exercice de la fonction", ajoute le président du MoDem.

 Dans son livre, Nicolas Sarkozy dit qu'il aurait dû faire davantage, aller au bout des choses. "Il a raison quand il dit qu'il n'a pas fait assez sur les choses qui étaient positives, quand il dénonce le côté brouillon de l'action, il a raison. Est-ce qu'il suffit de dire je me suis trompé à peu près sur tout, pour avoir raison sur tout, c'est la grande interrogation. Pour ma part j'attendrai de voir et de lire."