Tintin traduit en patois brayon

L'autre info par Lise Pressac mardi 1 mars 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 25/11/2018
Le mardi 01 mars 2016

C'est un village de Seine-Maritime, à un peu plus de 50 km à l’est de Rouen, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Beauvais. Là-bas, un habitant a décidé de faire traduire Tintin en brayon.

L’autre info est à Dampierre-en-Bray ce matin…

Un village de Seine-Maritime, à un peu plus de 50 km à l’est de Rouen, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Beauvais.
Là-bas, un habitant a décidé de faire traduire Tintin en brayon.

Qu’est-ce que le brayon ?

C’est le patois du pays de Bray, cette région à cheval entre l’Oise et la Seine-Maritime. Une langue régionale de moins en moins parlée et que Mickaël Duval a envie de préserver. Ce dampierrois, collectionneur de bandes dessinées, a donc l’idée de faire traduire en brayon un album des Aventures de Tintin.

On imagine que ce n’est pas si simple

Il faut évidemment le feu vert de Casterman, détenteur des droits sur les albums de Tintin. Mickaël Duval est déjà en discussion avec l’éditeur qui qui se dit intéressé par le projet. Les aventures de Tintin ont déjà été traduites dans une trentaine de langues régionales rien qu’en France.
Il existe des albums en breton, corse, picard, en gruérien (parlé dans le nord des Alpes), en saintongeais (le patois de la région de Cognac), en gaumais (pratiqué en Lorraine). Mais jamais en langues normandes. Casterman est plutôt favorable à ce que le reporter belge parle le plus de langues possibles mais elle laisse le soin de la traduction aux associations locales qui le demandent. La règle est simple :  il faut faire appel à un traducteur reconnu et acheter au minimum 3.000 exemplaires d’avance.Casterman vous laisse alors l’exclusivité de la diffusion.
Mickaël Duval raconte au journal L’Eclaireur du pays de Bray que, pour la traduction, il compte demander à Daniel Corroy, instituteur retraité et défenseur de la langue brayonne. Et pour pouvoir avancer le coût des 3.000 albums il songe à lancer un financement participatif sur Internet. Avis donc aux amoureux de la langue du pays de Bray car, comme on a coutume de dire : “La pouque a sent le hareng” / ”Rien ne sert de vouloir renier ses origines”, en bon brayon.