La quête de l'apaisement

L'âme olympique par Cécilia Berder samedi 26 mars 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 20/12/2018
Apaisement
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La vie de chacun ressemble souvent à une vie de sportif de haut niveau. On se fixe des nouveaux challenges, on a tous des objectifs de vie bien déterminés. Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, nous explique aujourd'hui, pourquoi il est passionnant de rechercher un apaisement personnel.

 Il y a quelques années, je me serais entendue parler d’apaisement, j’aurais surement souri tellement cette notion ne m’évoquait rien. Mais l’année dernière, j’ai ressenti comme un électrochoc. Lors d’une compétition, j’observais l’une des plus grandes championnes de l’escrime, l’italienne Valentina Vezzali. Elle a absolument tout gagné : 6 Jeux Olympiques, 14 championnats du monde, 12 championnats d’Europe. Mais pendant ces matchs, son attitude est souvent étonnante. Sa ténacité reste exemplaire, mais quand elle perd un point elle pleure, elle râle ou elle gémit comme si elle souffrait à chaque touche.
Je me suis alors dit que si cette grande championne n’arrivait pas à être apaisée, alors qu’elle a tout gagné, qui peut y arriver ?

Trouver la paix de l'esprit

Je me suis alors rendue compte que l’apaisement ne se trouvait pas dans l’accumulation. Avoir le plus gros palmarès, la plus grosse voiture ou le plus gros compte en banque n'apporte pas forcément sérénité et apaisement.
Ma première étape pour trouver la paix de l’esprit a été de profiter de ce que j’ai. Finalement, le bonheur c’est de continuer à désirer ce que l’on possède déjà.
Aussi, j’ai pris conscience que les médailles, les titres sont des moments féériques, uniques ; mais que le chemin parcouru, les obstacles rencontrés, les moments de doute, les moments où on se relève, où on se révèle, où on est en parfait accord avec soi-même, définissent des instants encore plus intenses qu’un quelconque palmarès.
Enfin, la sérénité se trouve auprès de ses proches et de notre capacité à prendre conscience qu’ils nous aiment pour ce que l’on est et non pas pour ce que l’on fait.

Alterner le calme et la tempête

Si vous veniez me voir lors de certains entrainements ou en compétition, vous pourriez vous dire que j’ai l’air bien excité pour une fille qui cherche à être apaisée. Mais l’apaisement ne ressemble pas à un état de tension zéro. On doit apprendre à alterner le calme et la tempête.
Donc, dans mon quotidien, la tempête est toujours là, parce que depuis toujours je suis dévorée par l’envie de gagner, l’envie de progresser.
La seule différence aujourd’hui c’est que je laisse plus de place à la petite voix qui me dit : "écoute ton corps, détend toi, respire, profite de cet instant."

Prendre conscience de ses différentes forces

Vous l’avez surement remarqué, nous ne sommes pas une entité unique. Nous avons souvent plusieurs forces en opposition dans notre esprit. L’une va vous dire d’aller plus vite quand l’autre vous dit : "sois prudent ".
Donc si pour une quelconque raison vous cherchez à être plus apaisé, la première étape est de prendre conscience de ses différentes forces, d’apprendre à vivre avec, et de laisser s’exprimer chaque partie de notre esprit.
C’est un sacré défi d’être apaisé, et surtout ce n’est pas une destination finale. L’apaisement c’est un voyage, un challenge au quotidien.