La persévérance, l'art de se réinventer

L'âme olympique par Cécilia Berder samedi 16 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 11/10/2018
la persévérance
© Fotolia

La vie de chacun ressemble souvent à une vie de sportif de haut niveau. On se fixe des nouveaux challenges, on a tous des objectifs de vie bien déterminés. Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, nous explique dans "L'âme olympique", pourquoi la persévérance est le premier pas vers les plus grandes victoires.

 La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Dans ce fleuve, deux camps s’opposent : ceux qui laissent tomber leurs projets face à leurs démons, face à la critique ou à l’adversité. Et les autres : les persévérants qui s’accrochent et ne lâchent rien.
En escrime, et d'ailleurs dans la majorité des disciplines, c’est assez facile de reconnaitre son camp. On est quasiment tous du même niveau, donc tout se joue dans la tête, dans notre attitude à vouloir davantage et à endurer plus longtemps que l’adversaire.
Pendant les matchs, on a un système, en complicité avec nos entraineurs, avec un signe de la main et le poing serré qui veut dire : "c’est maintenant que ça va être dur, accroche toi, garde le cap."

La persévérance, proche de l'obstination ?

La persévérance n'a rien à voir avec l’obstination car on ne perd pas en lucidité. La persévérance a un cadre.
Qu’importe le projet dans lequel on se lance, on le sait : il y aura des défis, des déconvenues, des remises en questions. On accepte cette difficulté et on met tout notre cœur pour atteindre la victoire.
C’est donc très différent de l’obstination car on est capable de relativiser. On est conscient de nos capacités, de nos manques, et on reste à l’écoute des proches que l’on sait bienveillants.

"Ne laisse jamais quelqu'un te dire que tu ne peux pas faire quelque chose"

On connaitra tous des gens qui durant notre parcours, nous conseilleront d’arrêter, parce qu’on n’est pas assez fort, pas assez rapide ou pas assez malin. J’en ai eu des professeurs qui me demandaient de choisir entre le sport et les cours car les deux leur semblaient incompatibles.
Certains arriveront peut-être même à vous donner envie d’arrêter, alors il sera bon de se rappeler pourquoi on a commencé, pourquoi on s’est lancé dans ce défi.
Cela me rappelle les paroles du film A la recherche du bonheur quand le père, joué par Will Smith conseille à son fils : "Ne laisse jamais quelqu’un te dire que tu ne peux pas faire quelque chose. Si tu as un rêve, tu dois le protéger. Si tu veux quelque chose, va le chercher. Point barre."

La persévérance, le premier pas vers les plus grandes victoires

La persévérance est une vraie source d'épanouissement. Elle active notre motivation et notre créativité. On apprend à mieux se connaitre, c'est le premier pas vers les plus grandes victoires.
Pour exemple, le mois dernier, je suis passée complétement au travers d’une compétition très importante. J'ai pu entendre des : "Cécilia elle n’est plus au niveau. Ce n'est pas sûr qu’elle retrouve la forme."
Tout se joue à ce moment là. Soit on abandonne face à l’adversité. Soit on persévère. Je n’ai pas hésité, je me suis concentrée sur mes manques, mes faiblesses, tout en reconnaissant mes qualités et j’ai mis en place un nouveau système pour surmonter l’épreuve et franchir ce palier.

La persévérance, c’est l’art de se réinventer. Elle demande des efforts physiques, mentaux. Mais on est toujours, d’une manière ou d’une autre, récompensé. Si ce n’est pas par la victoire, ce sera par un enrichissement personnel.

Alors persévérons, même si parfois tout semble aller contre nous, souvenons-nous que les avions décollent toujours face au vent.