Les bienfaits de la prise de risque

L'âme olympique par Cécilia Berder samedi 12 mars 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 06/12/2018
Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime
Cécilia Berder. © MaxPPP

La vie de chacun ressemble souvent à une vie de sportif de haut niveau. On se fixe des nouveaux challenges, on a tous des objectifs de vie bien déterminés. Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, nous explique aujourd'hui, l'utilité de prendre des risques, de se lancer des défis.

Prendre des risques, se lancer de nouveaux défis, il faut le reconnaitre ce n’est pas toujours évident. La semaine dernière j’ai perdu un match pour cette raison. Je n’ai pris aucun risque. Je voulais tellement gagner, j’ai essayé de tout assurer et j’ai créé un minimum. Résultat : j’ai perdu le match.
Une fois dans les gradins c’est facile de s’incendier, de dire "je n’ai pas été bonne, je n’ai rien tenté" mais pendant le match cette prise de risque est beaucoup plus difficile à assumer. L’adversaire vous marche dessus, l’entraineur attend votre réaction, l’arbitre commence parfois à devenir fébrile.

C’est dur de prendre des risques parce que par nature, on cherche tous la stabilité, la sécurité.
C'est vrai sur une piste d’escrime mais aussi dans la vie de tous les jours. Par exemple, changer de ville, accepter un nouveau travail, relever les défis du quotidien, se lancer dans un nouveau départ, c'est normal d'y réfléchir à deux fois avant de s'engager.

La notion de risque justifié

C'est donc normal de se demander pourquoi se lancer de tels défis surtout quand il y a un risque de tout perdre. Mais on a trop tendance à se focaliser sur l’éventualité de l’échec.
Prendre un risque, c’est une chance de découvrir une nouvelle expérience. Quand on ose l’inhabituel, on progresse, on sort de notre zone de confort.
D’ailleurs, on peut regretter qu’il n’existe pas un terme qui désigne un risque justifié. Quand on dit risque, on y voit tout de suite une notion d’erreur. Cette connotation négative peut-être un frein à l’apparition de nouvelles idées.

Analyser la situation et oser

Pour faciliter la prise de risques, il est utile de peser le pour et le contre de la situation. Par exemple, vous avez une proposition de mutation, alors vous pouvez vous poser la question : "Quel changement ce challenge va m’apporter ? Qu’est-ce que je peux perdre, qu’est-ce que je peux gagner ?"
Souvent on se rend compte que ce risque n’est pas si compliqué à prendre. Il dépend surtout de notre volonté. On peut s’inspirer du philosophe Sénèque qui disait : "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles."
Enfin, accepter la notion de risque, d’oser, de se mettre en danger c’est un mode de vie. Donc on commence par des défis à notre portée. Avec le temps, les décisions deviendront plus simples.

Tout repose sur notre capacité à faire des choix

Prendre des risques va ainsi jouer sur notre capacité d'initiatives, sur notre capacité à faire des choix. Certains diront "j’ai fait des sacrifices" mais prendre un risque c’est un choix, où on agit librement, où on reprend possession de soi, ça épice la vie.
On entendra toujours certains sceptiques nous dire : "ça va être dur, tu vas un peu loin non ?", mais se lancer des défis c’est revendiquer le droit d’être soi-même.
Ce sont seulement ceux qui prendront le risque d’aller trop loin, qui découvriront jusqu’où on peut aller.