La curiosité, une grande qualité

L'âme olympique par Cécilia Berder samedi 9 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 04/10/2018
Cécilia Berder
© Maxppp

La vie de chacun ressemble souvent à une vie de sportif de haut niveau. On se fixe des nouveaux challenges, on a tous des objectifs de vie bien déterminés. Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, nous explique dans "L'âme olympique", les bienfaits d'être curieux et d'avoir l'esprit ouvert pour mieux s'épanouir.

 On a tous déjà entendu cette phrase : "La curiosité est un vilain défaut". Cette mauvaise réputation peut s’expliquer par la mythologie ou la Bible. Eve aurait bien croqué la pomme par une trop grande curiosité. Ou encore, Pandore quand elle ouvre la fameuse boîte de Pandore, qu’on lui avait pourtant interdit d’ouvrir, il ne sort de cette boîte qu’ennuis, catastrophes et malheurs.

Pourtant cette soif de savoir, de connaitre, de comprendre, d’observer est pour moi une des choses les plus importantes pour progresser, grandir.

S'inspirer des plus grands

Dans ma pratique sportive, la curiosité se traduit par une envie folle de découvrir de nouvelles choses.
J’adore regarder les vidéos de matchs des plus grands champions. Ils sont tellement différents par leur technique, leur tactique, leur méthode d’entrainement. C’est une source d’inspiration incroyable.
Cela sort même du cadre de l’escrime. J’aime observer le style des boxeurs, des taekwondoïstes et tenter de comprendre leur manière de se déplacer, de donner des coups.
Aussi, pour mieux connaître mon corps, j’aime fouiner dans des domaines comme la danse, le yoga ou la piscine.

Créer son propre talent

Si on dépasse certaines limites, il peut y avoir dans la curiosité un côté espion et même un peu voyeuriste ! Mais il y a des règles. A l’entrainement ou en stage avec les étrangers, on n’a pas le droit de filmer les séances.
Quand je dis "soyons curieux", ça ne veut pas dire copier son voisin ou son adversaire. S’inspirer c’est une chose mais après c’est à nous de créer notre propre recette, de créer notre style, notre unicité !
En entreprise, c’est pareil. C’est un régal de chercher à obtenir d’autres savoirs, d’autres avis pour creuser ses sujets et bousculer ses croyances !

Quittons le connu et changeons nos habitudes

Le grand mérite de la curiosité est de nous faire quitter le connu. Quand je cherche une nouvelle technique en escrime, au début je prends des raclées car elle est loin d’être au point. Alors je continue de chercher, de me poser des questions pour l’améliorer.

Je peux même dire que chercher, faire évoluer mon monde, c’est l’un des moments les plus forts, les plus enrichissants de ma carrière. Claude Onesta, entraineur du handball français l'explique très bien. Pour lui ce n’est pas la médaille que l’on retient, c’est le parcours.
Si on est curieux pendant notre parcours de vie, on est en éveil permanent et on avance vers tout ce qui est à découvrir.

Etre curieux toute notre vie

On est tous curieux mais à des degrés différents. Quand on est enfant, cette curiosité est vitale.
Après, à nous de la faire grandir toute notre vie, de garder notre esprit ouvert : on ne doit jamais cesser de s’interroger, de comprendre, d’apprendre.
Quand on prend de l’âge, on peut avoir peur de l’inconnu et pourtant se confronter à la nouveauté, sortir de nos habitudes ça active l’enthousiasme, l’intérêt, la passion. Alors, n’en déplaise aux détracteurs d’Eve et de Pandore : la curiosité est une grande qualité !