"The Witness" : le (non) sens de la vie

Jeux vidéo par Jean Zeid dimanche 31 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 26/10/2018
The Witness

Une île paradisiaque, une civilisation disparue et 600 énigmes à résoudre, la nouvelle création de l'américain Jonathan Blow élève le cahier de vacances au rang de balade existentielle.

Une île, une simple île aux allures tropicales avec son ciel bleu azur tacheté de doux nuages blancs, une belle île qui prend, de ci de là, les couleurs d’estampes japonaises ou d’été indien.
Un jardin zen ici, une forêt de bambous là, de larges prairies, des cours d’eau paisibles, dans ce beau décor de bande dessinée, on trouve les traces d’une civilisation disparue, des habitants transformés en statues de sel et surtout 600 casse-têtes parsèment l’atoll, 600 énigmes uniquement basées sur le visuel et surtout, sans mode d’emploi.  Pas même un morceau de musique, juste la nature, des décombres et des puzzles.

Bienvenue dans "The Witness", le nouveau jeu de l’américain Jonathan Blow, l’un des initiateurs d’une vague de titres indépendants avec "Braid" son précédent jeu, une vague qui n’en finit pas de bousculer le secteur depuis une petite dizaine d’années.

Avec "The Witness", Jonathan Blow s’affirme encore et toujours comme un auteur

Radical. Sans explication, en vue à la première personne, vous vous extirpez d’un couloir cylindrique en résolvant votre première énigme, c’est à dire relier un point A à un point B.
Vous voilà "The Witness" (le témoin, en français), dans cette nature à l’abandon bourrée de puzzles à affronter sur le même principe : relier un point A à un point B.
Et quelle ingéniosité, quelle maestria et quel sadisme dans le soin apporté à ces casse-têtes parfois simples, parfois si complexes qu’ils vous accompagneront jusque dans le sommeil.

Simulation de randonnée ou génial cahier de vacances grandeur nature

Quelques touches suffisent pour se balader sur cette île à la beauté trompeuse.
Il aura fallu sept ans à son créateur pour donner vie à ce monde étonnant qui ne ressemble qu’à son auteur. "The Witness" s’avance ainsi comme une métaphore de la vie selon Jonathan Blow, selon un nerd : une vie limitée comme un archipel sous le soleil, un destin sans didacticiel autre que l’expérience, une existence où toutes les premières fois seraient comme autant d’énigmes à résoudre.
Selon les individus, certaines ne seront d’ailleurs jamais résolues quand d’autres iront zieuter la solution sur le web.

"The Witness" sur PC et PS4, une balade existentielle et prise de tête, c’est sur PC et PS4 pour une quarantaine d’euros.

Appréciation : 15/20

Le vendredi 29 janvier 2016