"The Division" : qui l'eût cru ?

Jeux vidéo par Jean Zeid dimanche 20 mars 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 14/12/2018
The Division

C’est le jeu vidéo phénomène du moment. Son titre : "The Division", un jeu d'action inspiré par les romans de Tom Clancy, un titre qui est aussi celui de tous les records pour son éditeur, le français Ubisoft.

Qui l'eût cru ? Après avoir épaté la galerie en dévoilant les premières images, bluffantes de réalisme, de The Division en 2013 au salon de l’E3, le grand rendez-vous annuel du jeu vidéo à Los Angeles, son éditeur Ubisoft avait dû faire face à un retour de bâton terrible : non, le rendu final du jeu, même réussi, ne serait pas celui présenté cette année-là, la promesse était tout simplement trop belle, celle de reconstituer en quasi photo réalisme un univers urbain et désespéré inspiré par les écrits de l’écrivain Tom Clancy.
Dans ce futur proche, de simples billets de banque contaminés ont touché les habitants de New York. En seulement deux semaines, tout n’est plus qu’anarchie sociale et affrontements de rues.

Un piège à joueurs

Dans The Division, la joueuse ou le joueur incarne justement un "agent" de la Division, un groupe tactique qui doit établir en plein hiver une nouvelle base arrière dans Manhattan et rétablir un nouvel ordre dans le chaos. Un jeu en ligne où l’on peut affronter des hordes d’individus cagoulés, entre amis ou avec des inconnus. Petites et courtes missions animent ainsi un monde pensé comme un véritable piège à joueurs. Et qui vole le temps comme personne.

Explorer, étriller, engranger, évoluer, avec The Division, Ubisoft réinvente les 4E du jeu d’action en créant un univers à la beauté inquiétante et prenante. Une fois le pied posé dans cette Grande Pomme bluffante de froideur, on ne pense plus qu’à arpenter les rue géométriques de la ville à la recherche d’amis ou d’ennemis, et surtout de nouveaux joujoux guerriers pour fortifier son double virtuel. C'est tout le sel de l'aventure.

Une métaphore de l'état du monde 

Repoussé moult fois, The Division a non seulement effacé le bad buzz, mais il a trouvé la formule magique d’un jeu en ligne au succès fulgurant.
Près de 300 millions d’euros de recettes en seulement 5 jours, The Division casse déjà la baraque ou plutôt la tirelire des joueuses et joueurs du monde entier. Que ce soit sur PS4, Xbox One ou PC, l’engouement pour cet univers cohérent et constamment animé ne se dément toujours pas, un jeu vidéo envisagé comme un service et plus seulement comme un divertissement avec un début et une fin.

Un succès qui tombe à pic pour Ubisoft, toujours sous la menace d’une prise de contrôle hostile par Vivendi. The Division  est en ce sens la métaphore parfaite de l’état économique de son entreprise : un monde entré en résistance.

Appréciation : 16/20

Le vendredi 18 mars 2016