Le DSM (Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders), la "bible" de la psychiatrie dans la tempête

Info santé mardi 23 avril 2013
écoute bientôt disponible

Les critiques viennent du fait que des nouvelles maladies
devraient entrer dans le DSM n°5. Par exemple l'addiction à Internet, le syndrome
prémenstruel, le syndrome d'apathie, le syndrome d'aliénation parentale et bien
d'autres encore. Mais ces phénomènes sont-ils vraiment des maladies ? En
France et ailleurs, de nombreux professionnels dénoncent l'inflation de
pseudo-pathologies, soignées néanmoins par de vrais médicaments.

Le DSM c'est le sigle pour Diagnostic and Statistical Manuel
of Mental Disorders. C'est une classification des maladies mentales élaborée
par l'Association des psychiatres américains, explique le Dr Patrick Landman, psychiatre
et psychanalyste. C'est en quelque sorte un catalogue des troubles mentaux. Il
dit ce qui est pathologique et ce qui est normal, à travers des définitions et
des critères. Il s'est imposé depuis les années 80 comme la référence unique et
mondiale des maladies mentales.

Du nouveau dans la 5e version

On est passé d'un peu moins de 150 troubles mentaux en 1980,
à 400 actuellement sans que cela reflète un progrès scientifique, explique le
Dr Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste.

Il y aura plusieurs douzaines de maladies supplémentaires,
des maladies nouvelles comme l'hyperphagie (la gourmandise), les colères
infantiles, le syndrome prémenstruel... "Il y a une surpathologie évidente
avec une surprescription de psychotropes.
"

L'augmentation des antidépresseurs

Cette augmentation du nombre de malades, ou de soi-disant
malades, se traduit par une augmentation exponentielle des ventes de
médicaments psychiatriques, notamment d'antidépresseurs. Aux Etats-Unis, 20%
des américains consomment des psychotropes et les effets secondaires sont très
critiqués.

Pourquoi utiliser ce DSM ?

Le DSM est simple et permet aux généralistes consultés par
la plupart des malades de répondre très vite aux malaises des gens. Il n'y a pas
forcément d'intérêt pour le médecin psychiatre de disposer de ces
classifications. D'ailleurs, il existe un grand mouvement d'opposition au DSM
afin de revenir à une vraie écoute du patient.

Le Dr Patrick Landman publie Tristesse Business, le
scandale du DSM5
, aux éditions Max Milo.