"Yes" , retour aux années folles

Info culture par Laurent Valière jeudi 7 janvier 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 02/10/2018
\\\"Yes\\\" au café de la danse, les 7, 8 et 9 janvier 2016
"Yes" au café de la danse, les 7, 8 et 9 janvier 2016

Le parfum des années folles flotte sur Paris avec une rareté : une comédie musicale qui a connu un triomphe à sa création en 1928. "Yes" est présenté jusqu’à samedi au Café de la danse.

Dans un décor en noir et blanc comme dans un film d’époque, tous les ingrédients d’une bonne pièce de boulevard sont réunis : le mariage forcé d’un fils à papa , le fils volage qui fait tout pour y échapper - à commencer par un mariage blanc avec sa manucure en Angleterre, un valet de chambre qui aspire… à se présenter aux élections législatives, et un mari cocu, qui est aussi le meilleur ami de l’amant de sa femme. Des personnages bien croqués, les quiproquos qui sont légion. C’est du boulevard, mais en plus, ça chante et ça danse.

"Yes" a été créé le 27 janvier 1928 au Théâtre des Capucines. Les chansons sont signées Maurice Yvain et Albert Willemetz qui avaient modernisé l’opérette dans les années 20 en intégrant les nouveaux rythmes comme le jazz. Le compositeur Maurice Yvain, auteur de la chanson "Mon Homme"  pour Mistinguett, savait mélanger musique sophistiquée et music-hall. Quant au parolier Albert Willemetz, à l’image de Michel Audiard, certains de ses bon mots sont entrés dans le langage courant comme " Est-ce que je te demande si ta grand-mère fait du vélo"… 
On connaissait d’eux  "Pas sur la bouche" que Alain Resnais avait adapté au cinéma. Ce "Yes" se fait plus rare. On doit cette recréation à Christophe Mirambeau, musicologue, metteur en scène. 

Sur scène, un casting habile

Des voix d’opéra comme la soprano Sandrine Buendia qui interprète la jeune première, des acteurs de comédies musicales comme Leovanie Raud qu’on a vu dans "La Belle et la Bete" à Mogador, et des comédiens chanteurs. Le décor est sobre : un échiquier noir et blanc au sol et quelques cubes. La musique l’est aussi : deux pianos, exactement comme à la création en 1928. Tout tient dans les dialogues, le comique de situation et les entrainantes chorégraphies de Fox trott et de Charleston signées Caroline Roelands. "Yes", c’est léger, absurde, et ça ne peut que nous faire du bien.

"Yes" , à découvrir jusque samedi soir au Café de la danse à Paris.