Jules Bianchi, une vie en suspens

Ils ont fait l'actu par Sébastien Baer lundi 13 juillet 2015
écouter l’émission disponible jusqu'au 07/04/2018
Jules Bianchi
Jules Bianchi, au Grand Prix d'Australie en mars 2014 © Brandon Malone/Reuters

Tout l'été, Sébastien Baer revient sur ceux qui ont fait l'actu cette saison, des hommes et des femmes qui ont concentré l'attention médiatique. C'est un drame qui a fait basculer la vie du jeune pilote de Formule 1 français, Jules Bianchi. Neuf mois plus tard, le jeune homme est toujours plongé dans le coma. Un témoignage rare : celui de son père.

Philippe Bianchi sur son fils Jules : "Je suis de moins en moins optimiste"

Dans la maison de Philippe Bianchi, à deux pas du circuit de Monaco, tout rappelle le rêve brisé du jeune espoir de la Formule 1. Une combinaison, un casque, des tableaux à l'effigie de Jules... Chaque jour, le père du pilote -qui a abandonné toutes ses activités- se rend au chevet de son fils, au CHU de Nice.

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Philippe Bianchi, le père du jeune pilote de Formule 1 © RadioFrance/ Sébastien Baer

"C’est invivable, c’est une torture au quotidien, on a parfois l’impression de devenir fou parce que, pour moi, c’est certainement plus terrible que s’il était resté dans l’accident. Car on n’a pas le pouvoir de l’aider plus que ce qu’on peut faire".

Car les nouvelles ne sont pas rassurantes. Le jeune homme est toujours inconscient. Et les médecins ne sont pas très optimistes.

"En général, les progrès doivent se faire dans les premiers 6 mois et là ça fait 9 mois et Jules n’est toujours pas réveillé et il n’y a pas de progrès significatifs" explique le père du pilote.

"Le temps passant, ça me rend moins optimiste que j’ai pu l’être deux ou trois mois après l’accident ou l’on pouvait espérer une évolution meilleure."

 

Espoir ou déni?

 
Parfois, il y a un signe, la main de Jules qui serre celle de son père... Philippe Bianchi se demande alors si les geste était bien réel ou s'il ne l'a pas rêvé, lui qui explique être parfois dans le déni : "Quand on est dans cette situation, on s’accroche à tout ". Car Philippe Bianchi sait que chaque jour qui passe réduit les espoirs de voir Jules sortir du coma.

"C’est dur de vous lever le matin en vous disant que vous n’êtes pas sûr que votre fils va vivre et que tous les jours c’est comme ça. A un moment donné, il faut aussi avoir les pieds sur terre et se rendre compte de la gravité de la situation."

Philippe Bianchi explique que sa vie s’est arrêtée le 5 octobre 2014. Le reportage de Sébastion Baer

Un père dans l'attente, au chevet de son fils

"On avait un fils extrêmement brillant, qui vivait de sa passion, qui voyageait dans tous les pays du monde, et du jour au lendemain ce fils que vous aviez tous les jours au téléphone se retrouve sur un lit d’hôpital entre la vie et la mort…"

Le père du pilote s’interroge aussi sur les chances de son fils de sortir du coma.

"S’il doit avoir des handicaps très lourds on est convaincu que ce n’est pas du tout ce que Jules voudrait. On en avait parlé. Il nous avait dit que s’il lui arrivait un jour un accident du type de celui de Michael Schumacher, s'il aurait eu ne serait-ce que  le handicap de plus pouvoir conduire, il aurait beaucoup de difficulté à le vivre. Parce que c’était sa vie."  

Messages de soutien : #ForzaJules

Pour tenir, Philippe Bianchi se raccroche aux témoignages d'encouragement et d'affection... Sur les réseaux sociaux, pas un jour sans que le hastag ‘ForzaJules’ apparaisse, signe de ralliement de tous les supporters, admirateurs et amis du pilote. "On s’excuse car on en a reçu tellement qu’on ne peut pas répondre à tout le monde. Mais on reçoit les soutiens. Ca nous donne une énergie énorme et ça a donné certainement une énergie énorme à Jules."  

Sur l'avant-bras droit, le père du pilote s'est fait tatouer ces deux mots: "Forza Jules".