La campagne de Monsieur Surprise et Madame Sourire

Hyper revue de presse par Jean-Christophe Martin vendredi 17 février 2012

Au sommaire : l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, mais aussi dans la presse de Carla Bruni-Sarkozy, le fisc rattrape le Vatican,  les derniers tours de roulette du franc au casino avant les tout derniers échanges de francs contre des euros à la Banque de France aujourd'hui.

Les titres

Un visage encagoulé à la Une de Libération qui présente un reportage dans le maquis de l'Armée libre syrienne. Libération qui consacre la Une et quatre pages à la situation en Syrie.

Une situation qui apparaît extrêmement difficile : selon l'envoyé spécial Luc Mathieu, une rumeur particulièrement inquiétante circule depuis quelque temps, le régime aurait commencé à armer les villages alaouites, alaouites comme le président Bachar Al-Assad, ce qui fait craindre aux combattants de l'Armée libre, pas toujours bien armés, une sanglante escalade dans la guerre civile.

Situation très noire aussi dans la ville-martyr de Homs, ou l'autre envoyé spécial de Libération Jean-Pierre Perrin décrit une capitale du soulèvement pilonnée depuis quinze jours, et encore très violemment ce matin, une ville écrasée sous les bombes, affamée, une ville où on marche parfois dans les rues sur des restes humains... Une ville épuisée, il y a un million d'habitants à Homs, la ville qui agonise. Reportages et témoignages poignants à lire dans Libération.

Egalement dans la presse de ce vendredi, on revient en France, le plan de la SNCF pour relancer le TGV, il est détaillé par le président de la SNCF Guillaume Pépy dans les Echos. Il annonce que la SNCF veut "réinventer" le modèle économique du TGV, ce qui passera par une plus grande utilisation du réseau et par des discussions avec Alsthom pour acheter des nouvelles rames, une quarantaine de nouveaux TGV pour un total maximal d'1 milliard 200 millions d'euros.

Et puis la politique : Bayrou répond aux questions des lecteurs du Parisien et d'Aujourd'hui en France, à 65 jours du premier tour dde la présidentielle, il inaugure une série d'entretiens entre les lecteurs du Parisien et les candidats. Le Figaro de son côté salue avec son enthousiasme habituel l'entrée en campagne fracassante du candidat Sarkozy.

En marge de la campagne, affrontement sur la toile entre jeunes militants de l'UMP et du PS. Les Jeunes Populaires avaient dégainé les premiers en parodiant la Une du journal LIbération avec François Hollande début janvier. Riposte des Jeunes Socialistes hier avec la mise en ligne d'un site détournant le slogan de campagne de Nicolas Sarkozy et proposant un générateur de parodies de l'affiche de campagne du président-candidat. Une guéguerre sur le Web que vous raconte le site ecrans.fr.

L'invité de l'Hyper revue de presse : Jean-Hebert Armengaud, responsable du service Europe de Courrier International. A la Une : "Ces Européens qui partent", qui quittent la crise pour de nouveaux mondes. 

Publié
Jean-Christophe Martin Radio France

Courrier International © Radio France Jean-Christophe Martin

La chronique du médiateur de Radio France Jérôme Bouvier : les questions des auditeurs sur la "bipolarisation" dans le traitement de la campagne présidentielle et plus largement sur le calcul des temps de parole des candidats.

La revue de presse et du Web 

La revue de presse et du Web du 17/02/12 : La campagne de Monsieur Surprise et Madame Sourire  
 

La revue de presse et du Web du 17/02/12 : La campagne de Monsieur Surprise et Madame Sourire

La rigueur n'épargne personne, pas même le Vatican...

Il n'y a plus rien de sacré face au rouleau compresseur de l'austérité : même l'Eglise va payer des impôts en Italie, une révolution souligne Richard Heuzé dans le Figaro. Jusqu'à présent, aucun gouvernement italien n'avait osé toucher aux privilèges de l'Eglise. Mais tout a changé avec l'arrivée au pouvoir du président du Conseil Mario Monti, le successeur de Berlusconi.

Dès son investiture, il avait promis de lutter contre tous les privilèges pour faire de l'Italie un pays "normal". Il s'agit en fait de faire payer au Vatican l'impôt foncier. Un grand hôtel de Rome pouvait jusqu'à présent y échapper grâce à une astuce soufflée par l'Esprit saint fiscal : il suffisait d'une chapelle dans l'hôtel pour en faire un lieu de culte exonéré d'impôt. Une vraie bénédiction.

D'autant plus que le patrimoine de l'Eglise en dehors des lieux de culte est estimé à au moins 130 000 bâtiments, des immeubles divers, des écoles ou des cliniques... En taxant ce patrimoine, le Trésor public italien compte récupérer jusqu'à un milliard d'euros par an.

En feuilletant la presse, on trouve aussi l'histoire de Monsieur Surprise et de Madame Sourire...

Monsieur Surprise, c'est Nicolas Sarkozy selon l'un de ses conseillers cités dans le Figaro qui définit ainsi sa stratégie de campagne : il sera à la fois Monsieur Surprise et Monsieur Mouvement, il promet une grande idée par semaine jusqu'à la présidentielle.  

Madame Sourire, c'est la femme de Monsieur Surprise, c'est Carla Bruni-Sarkozy qui entre en campagne en même temps que son Président : elle n'a pas choisi pour s'exprimer des pages politiques, mais elle est à la Une de TV magazine, avec un grand sourire. TV magazine, un choix qui ne doit rien au hasard, c'est l'un de ces journaux télé qu'on trouve dans des millions de foyers, idéal pour faire campagne pour Monsieur Surprise.

Carla Bruni s'est aussi confiée aux sites internet du gratuit 20 minutes et du Parisien. Que pense la Première dame de France de l'action de son mari depuis cinq ans ? Que du bien, Madame Sourire pense que Monsieur Surprise a "tout bien fait". Bon elle avoue quand même modestement qu'elle ne s'y connaît pas tellement... Et l'idée du référendum lui demande-t-on aussi ? Là encore, on l'imagine baisser les yeux avec modestie, "je ne m'y connais pas" dit-elle, mais "généralement, je trouve que ses idées sont fabuleuses". Monsieur Surprise, il peut dire merci à Madame Sourire.

En Tunisie, trois journalistes arrêtés à cause d'une femme nue...

Le directeur, le rédacteur en chef et un journaliste du quotidien tunisien Attounsia placés en garde-à-vue dans les services de protection des moeurs où se trouverait toujours le directeur.

Ils ont été arrêtés mercredi après la publication en Une de la même photo parue à la une de la version allemande du magazine GQ : cette photo montre un footballeur d'origine tunisienne en costume qui enlace son épouse mannequin dénudée.

Une photo qui a fait le tour du monde, mais dans la Tunisie de l'après-Ben Ali, ça coince. Tout en exprimant ses réserves sur cette publication, le Syndicat national des journalistes tunisiens condamne ces arrestations et s'inquiète pour la liberté de la presse.

Vous l'avez entendu, c'est le dernier jour pour échanger des francs contre des euros, normalement c'est à la Banque de France, mais il y avait une autre façon plus ludique de dire adieu à ses derniers francs...

On pouvait choisir de les faire flamber : jusqu'à ces derniers jours, les maisons de jeu du groupe Lucien Barrière acceptaient les dernières coupures miraculeusement retrouvées au fond d'un tiroir. Et la récolte a été bonne : en un mois, les casinos du groupe ont récupéré près de 200 000 francs, autour de 30 000 euros. Il seront remis à la Banque de France où comme les autres ils seront détruits.

Pour Charles Gautier dans le Figaro, l'histoire de ces derniers tours de roulette offerts à nos vieux francs peut sembler belle. Mais on se doute que tous ces vieux francs n'étaient pas tous oubliés au fond d'un tiroir : certains médisants imaginent que l'origine de certains billets rendait difficile un retour direct vers les guichets de la Banque de France qui demandent, eux, une fiche de renseignement.

Alors que le bandit manchot ou le black Jack savent faire preuve d'un remarquable savoir-vivre et donc d'une grande discrétion...

La presse à la Une

La presse à la Une du 17/02/12 : avec Gérald Camier de la Dépêche du Midi  
 

La presse à la Une du 17/02/12 : avec Gérald Camier de la Dépêche du Midi

A la Une de la Dépêche du Midi : "le dernier jour du franc", dernières heures pour échanger ses derniers francs contre des euros à la Banque de France. Une page d'histoire qui se tourne. Explications avec Gérald Camier de la Dépêche.