Protection sociale : quelle prise en charge à l’étranger ?

Français du monde par Emmanuel Langlois dimanche 27 mars 2016
écouter l’émission disponible jusqu'au 21/12/2018
Protection sociale et départ à l\\\'étranger
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On ne le sait que trop peu, mais de nombreux Français qui s’expatrient quittent le territoire sans aucune couverture sociale, à leurs risques et périls. Quelles dispositions prendre avant de partir ?

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Christina Gierse, rédactrice-en-chef du site www.vivrealetranger.com du groupe Studyrama © DR

Entretien avec Christina Gierse, rédactrice-en-chef du site de la mobilité internationale Vivre à l'étranger.com du groupe Studyrama

- Quelle est la situation des expatriés en matière de sécurité sociale ?

- Elle n’est pas optimale. Selon une étude récente d'Humanis, un expatrié français sur cinq ne dispose d’aucune couverture sociale.

- Comment expliquer cette situation, plutôt inquiétante ?

- Lorsque l’on quitte le territoire, on ne pense pas forcément à s’assurer. En France, nous avons l’habitude d’être rattaché à la sécurité sociale de manière automatique. Nous avons le réflexe de prendre une assurance pour le logement, la voiture, mais pas forcément pour nous-mêmes ! L’autre raison est financière : conserver une protection sociale telle que nous l’avons ici une fois à l’étranger, représente un coût.

- Le rattachement à la sécurité sociale s’arrête donc lorsque l’on s’expatrie ?

- Il ne s’arrête pas, mais il est suspendu. En quittant le territoire, on perd temporairement ses droits à la sécurité sociale française. En effet,  la notion de sécurité sociale française s’entend avec le lieu de résidence, et non la nationalité. On l’ignore souvent.

- Que faire pour garder une couverture sociale correcte à l’étranger ?

- Il existe quelques pays qui ont signé des conventions bilatérales avec la France (liste disponible sur le site du www.cleiss.fr) mais, pour la plupart, vous devrez cotiser au régime de santé local. Le problème est que celui-ci est généralement moins protecteur que le nôtre.
Afin de compenser un peu cet écart de prise en charge, il existe un organisme, la CFE (Caisse des Français de l’étranger) qui permet à ses adhérents d’être couverts selon les plafonds de la Sécurité sociale française lorsqu’ils sont soignés à l’étranger. Mais attention : l’adhésion a un coût, entre 200 et 600 euros par trimestre selon différents facteurs dont votre âge et vos ressources. Idéalement, il faut souscrire à la CFE avant le départ afin d’éviter des délais de carence.

- Quels sont les pays les plus onéreux en terme de prise en charge médicale ?

- L’Asie, les États-Unis sont particulièrement chers. Pensez-y avant de partir, surtout si vous souffrez de maladies chroniques, si votre ado a besoin d’un appareil dentaire ou si vous prévoyez d’accoucher à l’étranger.
A titre d’exemple, une orthodontie non prise en charge au Royaume-Uni revient à près de 2.000 euros. Pour un accouchement à Singapour, comptez un peu plus de 10.000 euros.

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Le baromètre Humanis 2016 sur la protection sociale des expatriés

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